Banlieues Bleues 2007 : Frode Haltli

 date du concert

22/03/2007

 salle

Espace Paul Eluard,
Stains

 tags

Arve Henriksen / Espace Paul Eluard / Frode Haltli

 liens

Arve Henriksen
Frode Haltli

 dans la même rubrique
14/11/2017
Thomas Tilly / BJ Nilsen
(Instants Chavirés)
13/11/2017
Christian Wallumrød Ensemble
(Dynamo)
09/11/2017
Matt Elliott
(Médiathèque Musicale de Paris)

Comme chaque année depuis une bonne vingtaine d’années, le festival Banlieues Bleues nous convie dans différentes villes et salles de Seine-Saint-Denis à la rencontre des formes les plus classiques mais aussi les plus contemporaines du jazz. Dans cette seconde optique, des artistes et formations signés sur ECM ou Rune Grammofon sont programmés quasiment à chaque édition. Pour cette édition, Frode Haltli, accordéoniste qui vient de publier son second album sur ECM, se produisait à l’Espace Paul Eluard de Stains.

Devant un public de connaisseurs (silence respectueux, écoute attentive, soli applaudis), sur la scène de ce lieu qui fait aussi bien théâtre que salle de cinéma ou de concert, le Norvégien prit place peu avant 21 heures. Accompagné, comme sur son récent long-format, de Garth Knox à l’alto et Arve Henriksen à la trompette, Frode Haltli conféra à son instrument une couleur très mélancolique tout en accentuant par moments les notes aigues. Inspirée aussi bien de la musique traditionnelle que d’une improvisation contemporaine, la musique du Norvégien allia profondeur et légère ironie (via les petites notes lâchées par Arve Henriksen). Prenant un tournant plus free, Frode Haltli put également gratter la tranche de son instrument afin de s’en servir comme d’une percussion, relayé par Garth Knox qui frotta son archet sur la tranche de son alto. Le souffle ainsi créé fut enfin rejoint par le trompettiste qui utilisa son cuivre comme caisse de résonance en soufflant de manière atonale dedans. Toujours dans cette veine, Lude fut l’occasion pour Arve Henriksen d’alterner jeu à la trompette et petits cris poussés dans un micro disposé à ses côtés. Explorant toute la gamme des possibilités de son instrument, il se saisit aussi d’une sourdine sur d’autres titres dans lesquels le trio choisit un jeu plus traditionnel et proposa des mélodies plus identifiables (The Letter, Jag Haver Ingen Kärare, Vandring).

Après cette très convaincante prestation, place à un trio jazz plus classique : Jason Moran & The Bandwagon. Assis au piano, Jason Moran lança, au sampler, une introduction par Africa Bambaata avant que Nasheet Waits à la batterie ne frappe ses fûts et cymbales avec vigueur et précision. Assis au milieu, Tarus Mateen prolongea cette dimension rythmique par son jeu tout en slap, propre à insister sur le caractère percussif de sa basse électrique. Une heure et demie plus tard, on ressortit de la salle plutôt perplexe après un set souvent trop homogène mais pas inintéressant non plus.

François Bousquet
le 24/04/2007

À lire également

Food
Quiet Inlet
(ECM)
22/11/2009
Arve Henriksen
(Duc des Lombards)
Arve Henriksen
Chron + Cosmic Creation
(Rune Grammofon)