(Where Are My Records / Import)
25/10/2005
Rock

Below The Sea / Millimetrik / Post-Rock / Where Are My Records
Alors que la scène post-rock canadienne avait fait l’objet de toutes les attentions au tournant du siècle, force est de constater qu’avec la montée en puissance d’Arcade Fire et des formations attenantes (Bell Orchestre par exemple), ce genre semble moins en vue au Canada au profit d’une musique aux accents folks plus marqués. Néanmoins, le label Where Are My Records est toujours actif et continue à proposer des disques post-rock (ou dans un registre peu éloigné : shoegazing). Troisième album du trio Below The Sea, Blame It On The Past perpétue cette belle tradition.
Mélodies lumineuses ou tremolo captivant de guitare, précision de la section rythmique (qui accueille, pour ce disque, un nouveau bassiste en la personne de Victor Meyer), morceaux à l’efficace concision, aspect immédiatement prenant des compositions : les éléments traditionnels d’un post-rock enlevé sont bien présents. De surcroît, perce sans cesse chez Below The Sea une forme de mélancolie même quand le tempo s’accélère et que la guitare se sature. Plus encore, quand le piano fait son apparition et dialogue avec un trombone lointain joué par Mathieu Grisé (de Destroyalldreamers) (Ceremonies) ou quand la guitare se déploie en slides (Well Water), la dimension nostalgique est accrue. Pour autant, aucune volonté chez les Canadiens de se complaire dans une quelconque atmosphère languide, des petits breaks (Untitled) et l’adjonction d’éléments électroniques (scratches, filtres et traitements divers) venant « renouveler » quelque peu le propos (Sleigh Bells).
Cependant, malgré ces nombreux points positifs, on a du mal à véritablement apprécier Blame It On The Past. Peut-être est-ce le fait de la relative concision des titres évoquée plus haut (pas au-delà de cinq minutes pour un total d’à peine quarante minutes) qui empêche de pleinement pénétrer les ambiances ainsi installées ? Ou alors cela tiendrait-il au caractère anecdotique de certains morceaux tel Stroll Down Memory Lane auquel la présence d’Ulrich Schnauss n’apporte pas grand-chose en dehors d’une nappe d’arrière-plan ou Careful Confrontations ? Toujours est-il que cet album semble bien le moins probant des trois réalisés à ce jour par Below The Sea, groupe qui, on le constate donc, n’est pas à l’abri d’un disque mineur.
le 05/12/2005