(Miasmah / Import)
12/02/2007
Electronique

Ambient / Miasmah / Néo-Classique / Rafael Anton Irisarri / The Sight Below
Musicien de Seattle, Rafael Anton Irisarri signe avec Daydreaming son premier album, aux confins de l’ambient et du néo-classique, porté par des nappes accueillantes et un piano élégiaque.
Alors que le genre a connu de nombreuses manifestations ces dernières années, on entre dans le disque sans véritable a priori mais en se demandant quand même comment le musicien va réussir à se distinguer des autres productions. Accords ou notes isolées de piano, plages de synthé en arrière-plan, présence éparse de tapotements, dépouillement de l’ensemble : pas de doute, on passera notre chemin si on veut de la nouveauté. Plus encore, on pourrait reprocher au musicien états-unien de verser dans une certaine facilité lorsqu’il se contente de placer de profonds accords de piano sur une suite de plages de synthé, comme on pourrait également souligner une forme de complaisance dans la mélancolie portée par cette volonté de « faire évocateur » que met en exergue le titre de l’album.
Pour autant, même des morceaux comme A Thousand-Yard Stare ou A Glimpse savent présenter autre chose par l’insertion de petites triturations électroniques, micro-souffles ou sonorités métalliques. De même, Rafael Anton Irisarri se fait plus convaincant quand, dans Lumberton, il installe un véritable dialogue entre le piano (joué ici par Daniel C. Victorson) et la guitare réverbérée sur laquelle il officie. En outre, il prouve aussi qu’il a tout à gagner à mettre le piano un peu en retrait pour n’en conserver que quelques rares notes, plongées dans un enchevêtrement de nappes plutôt sombres (Fractal).
Montrant donc à la fois ses propres limites comme de plus intéressantes perspectives d’évolution, Daydreaming a donc tout d’un premier album. On suivra néanmoins les sorties futures de son auteur après cet effort qui peut s’avérer le début d’une honnête carrière.
le 01/06/2007