Worker Drone Queen

 date

du 15/04/2007 au 15/07/2007

 salle

Centre culturel suisse,
Paris

 appréciation
 tags

Amy O’Neill / Centre culturel suisse / Mai-Thu Perret / Vidya Gastaldon

 liens

Centre culturel suisse

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Exposition commune de quatre artistes suisses nées dans les années 70 et vivant ou étant originaires de Genève, Worker Drone Queen semblait un peu forcer la cohérence d’une telle proposition en évoquant comme point commun la revisitation de « certaines références liées à un savoir-faire manuel et artisanal ». On semblait donc s’orienter plutôt vers quatre expositions personnelles rassemblées en un même lieu.

C’est Vidya Gastaldon qui débute l’exposition avec une série de cartes postales représentant des lieux de culte de par le monde sur lesquelles elle a, à l’aide d’un dissolvant, apposé une tache blanche. Dans la pièce principale, la plasticienne a suspendu deux de ses Floating Mountains, ensembles de laine crochetée et de fils de fer entre méduse flottante et sculptures abstraites. Elle parvient alors, dans des œuvres tout à fait intéressantes, à mêler psychédélisme hippie (la laine comme matière première, l’influence du bouddhisme) et mysticisme (travail sur la représentation du divin via les taches de dissolvant qui pourraient symboliser l’apparition d’une force surnaturelle, symbolisation de la méditation et de l’élévation spirituelle avec les objets suspendus).

États-unienne d’origine mais vivant maintenant à Genève, Amy O’Neill tente, par trois œuvres, d’effectuer un pont entre ces deux cultures : celle, nord-américaine, issue de la country-music et celle, suisse, liée aux chalets et à la montagne. Pour autant, l’artiste peine à se situer entre fascination légèrement passéiste pour ces univers protéiformes (touchant à la musique comme à l’architecture, les arts plastiques, le design d’intérieur - tel ce lit taillé dans le tronc d’un pin - ou, plus largement, la sociologie) et moquerie un peu facile : série de diapositives de miss régionales des années 60 (kitch de leurs tenues, ridicule de leurs postures) avec disque de Willie Nelson diffusé via un vieux tourne-disque, affiche thermoformée illustrant le « reliquaire des pins », collection de meubles réunie par un habitant du Michigan dans les années 30.

Conçues par Carol Bove, trois suites d’étagères thématiques rassemblent des ouvrages censés illustrer des recherches en science humaine (éthologie, sexualité, méditation). Mais ces dispositions fonctionnent davantage comme un name-dropping grandeur nature ou l’étalage d’une « bibliothèque idéale » que véritablement comme une œuvre d’art.
Enfin, les sculptures en aluminium de Mai-Thu Perret se veulent issues d’une communauté féminine fictive dont la Suissesse élabore depuis plusieurs années l’univers.

Se dessinent donc, et alors qu’on y croyait pas tellement pour être honnête, quelques rapprochements entre ces quatre séries de travaux puisqu’elles renvoient toutes, de manière plus ou moins convaincante, à des idéaux et rassemblements collectifs (de la religion à la communauté, de l’identité culturelle locale à des mouvements intellectuels).

François Bousquet
le 01/06/2007

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