Gakona : Roman Signer / Ceal Floyer

 date

du 12/02/2009 au 03/05/2009

 salle

Palais de Tokyo,
Paris

 appréciation
 tags

Ceal Floyer / Laurent Grasso / Micol Assaël / Palais de Tokyo / Roman Signer

 liens

Palais de Tokyo

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Ensemble de quatre expositions personnelles, Gakona est à l’origine le nom d’un village d’Alaska, lieu d’études états-uniennes du projet HAARP à la frontière entre secret militaire et recherche scientifique. Creuset de tous les fantasmes et de toutes les craintes, cet espace donne donc son nom à ce regroupement pas plus cohérent que cela que nous propose le Palais de Tokyo. On passera rapidement sur les propositions de Micol Assaël (grandes plaques de cuivre se faisant face, censées créer des ondes que le spectateur ressentirait) et de Laurent Grasso (forêt de pylônes d’acier renvoyant au site de recherche servant de fil conducteur aux expositions) pour s’arrêter sur celles de Roman Signer et Ceal Floyer.

L’artiste suisse présente ici trois œuvres jouant, de manière plus ou moins directe, sur le temps. Table flotte grâce une soufflerie située en-dessous d’elle, comme si elle était en train de tomber et que le temps s’était arrêté net ; les Parapluies sont reliés à un générateur et de grosses bobines, mettant en place un dispositif électrique qui se déclenche de temps à autre, en surprenant les spectateurs par le bruit produit et les éclairs qui en résultent. Enfin, des Chaises sont placées au centre d’un grand espace et se voient mises en mouvement par une sorte d’aspirateur-robot autonome. Mêlant caractère ludique (le robot va-t-il s’arrêter devant l’une des chaises ? se retrouver coincé sous l’autre ?) et précision électronique nécessaire pour correctement paramétrer l’engin, cette installation de Roman Signer réjouit le plus grand nombre.

Ceal Floyer - Light Switch
(courtesy de l’artiste)

Dans l’espace suivant, c’est au tour de Ceal Floyer d’intervenir avec là aussi trois pièces dont Light Switch est incontestablement la plus réussie. Disposé à quelques centimètres du mur, près d’une sortie de secours, un projecteur de diapositives semble éclairer un interrupteur. Pourtant, à y regarder de plus près, d’interrupteur il n’y a point et il s’agit en vérité d’une image projetée ; trouble de la perception et falsification du réel se mêlent alors, tout en permettant à l’Anglaise d’assumer pleinement la tromperie en laissant à vue le projecteur. Même volonté de dévoiler le processus de création dans Taking A Line for a Walk, ligne blanche serpentant au sol et préalablement tracée par un marqueur de gazon encore présent sur place, et Me/You (Love Me Tender), installation sonore diffusant la chanson d’Elvis au ralenti.

François Bousquet
le 16/04/2009

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