(n5MD / Import)
12/05/2009
Electronique

Electronica / n5MD / Plastik Joy / Post-Rock
On peut trouver légèrement répétitive la volonté quasiment affichée de n5MD de ne signer que des artistes proposant un post-rock électronisé. En même temps, dans la bonne majorité des cas, les albums offerts font montre de réelles qualités, sinon d’une grande originalité. C’est à nouveau le cas avec ce premier long-format de Plastik Joy, duo islando-italien basé à Barcelone (!) et jusqu’à présent totalement inconnu.
Au-delà de la traditionnelle combinaison des lignes mélodiques de guitare et des rythmiques synthétiques, 3:03 se distingue par une présence récurrente de voix féminines. Opérant la plus grande partie du temps dans un parlé-chanté qui évite au propos de verser dans la ballade electronica-pop lénifiante (Hands), cet apport vocal peut même se faire entraîner dans un monologue froid et distant, au service d’instruments tournés vers un post-rock plus agressif (Medispiace). Malheureusement, on ne sera pas aussi convaincu par les morceaux dans lesquels l’un des deux musiciens s’essaye au chant ; pour le coup, on tombe dans une data-pop douceâtre avec ce timbre traînant et ces instrumentations qui donnent l’impression de ne jamais rien proposer d’autre qu’un simple accompagnement en roue libre (Twenty-Ninth Of April) ou dans une electronica chantée déjà tellement entendue (Barcelona - Reykjavik [FHE276]).
À l’instar de ses comparses féminines, Cristiano Nicolini gagne à intervenir en monologue (même si le filtrage de sa voix sur Imperfect Diarchies n’était peut-être pas indispensable). Sur le plan instrumental, outre l’entraînant mariage guitares-rythmiques, on relèvera la participation d’un piano tout élégiaque (le joliment nommé 63 (She Was Trying to Sleep, I Was Trying to Breathe)) afin de constituer un album trouvant donc parfaitement sa place sur n5MD et nous donnant l’occasion d’une belle découverte.
le 18/06/2009