Couleur / Ursula / Cécile Babiole / Gerome Nox

 date du concert

28/07/2009

 salle

Antirouille,
Paris

 tags

Alexandre Bellenger / Antirouille / Cécile Babiole / G-Nox / Strom Varx / Ursula (Fr)

 liens

G-Nox
Cécile Babiole
Alexandre Bellenger
Strom Varx
Antirouille
Ursula (Fr)

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C’est dans un bar, quelque part entre Ménilmontant et St Maur, à côté de l’International, autre lieu en vogue depuis quelques mois, que se déroulait cette soirée aux couleurs électro-bruitistes. Un programme riche, mais peut-être un peu difficile si on enchaînait les sept concerts annoncés. En ce qui nous concerne, on se concentra sur les quatre premiers.

C’est Couleur, soit le duo composé de Stromvarx et Alexandre Bellenger qui ouvrait la soirée avec laptop et guitare préparée. A posteriori, et au regard des lives suivants, c’était parfait pour débuter avec une première partie très dark-ambient composée de bruitages granuleux et voix sombres, une sorte de musique concrète dont chaque composante serait rendue grésillante, envahie de souffles, salie. Petit à petit, très progressivement, le son se durcit, les éléments bruitistes prennent de l’ampleur, basses vrombissantes, bruits blancs et sifflements épars, l’ensemble affirmant de plus en plus la part industrielle de cette musique. Une fois l’apogée atteinte, et sans qu’on s’en rende vraiment compte, le duo se lance dans un retour au calme, de la même manière, doucement, terminant par une ambiant habitée.
Un joli concert, tout en finesse, mais qui aurait gagné à être un peu plus ramassé, les lentes progressions s’avérant parfois un peu longue à atteindre leur but.

On fera une petite pause, mais Ursula enchaînait très rapidement, et joua un set plutôt court. Du coup on ne verra en gros que les cinq dernières minutes. Dommage car c’était là un véritable contraste avec le concert de Couleur : un son brut, lourd, très rentre dedans mais avec de jolies sonorités, tantôt très industriel, puis très minimal lorsqu’elle s’attardait sur des oscillations de basses synthétiques. Pour le peu que l’on a entendu, on aurait envie de comparer le travail d’Ursula aux productions du Finlandais Ilpo Väisänen (moitié de Pan Sonic).

On voyait ensuite deux ex-membres de la formation française industrielle Nox, quatuor actif entre 1982 et 1994.
Cécile Babiole d’abord avec un live nommé "Easyjet set" basé sur des field recordings. Le début de son concert nous fera penser à Couleur, avec un son très dense, sourd, fourmillant de sources sonores diverses triturées, salies, jusqu’à l’arrivée de sonorités qui nous semblent connus. En effet, c’est d’abord le son puissant et sifflant d’un avion à réaction qui apparaît, suivi des rotations de pales d’hélicoptères. Le son est intense, puissant, et ces sonorités souvent considérées comme des nuisances sonores apparaissent ici de toute beauté.
Le seul point faible, c’est qu’une fois le ballet mis en place, les allées du venues d’avions et hélicos, décollages et atterrissages successifs, on trouvera que ca tourne un peu trop en rond, même si au final le concert sera d’une durée relativement contenue.

C’est ensuite au tour de Gérome Nox, second membre de Nox ici présent. Notre déplacement ce soir était principalement motivé par sa présence puisque l’artiste est assez rare en live et nous avions beaucoup aimé son album Ventre publié chez M-Tronic, composé en tant que G-Nox et chroniqué sur ces pages. Nous n’étions vraisemblablement pas les seuls dans ce cas vu le nombre de personnes qui se rapprocheront au début de son set. Sa musique aux influences industrielles indéniables est plus proche de l’ambient. Sonorités denses et sombres, voire menaçantes, des boucles qui se forment, apportant quelques repères, une accroche, et lente montée vers des terres plus arides. Ce qui fait que ca marchait particulièrement bien ici, c’est le subtil équilibre entre expérimentation, sonorités difficiles, et séduisantes accroches sonores ou rythmiques, souvent fondues dans le magma sonore.

On se dirigera ensuite vers le bar alors que Kasper T. Toeplitz installait son matériel, on ira prendre l’air et on ne suivra le reste de la soirée que d’une oreille discrète.

Fabrice ALLARD
le 01/08/2009

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