18/05/2010
The Kitchen,
New-York
Encore une chronique d’un concert d’Alva Noto direz-vous ! Et vous n’aurez pas tort. Pourtant celui-ci avait un charme particulier puisque c’est un peu par hasard que l’on tombait dessus alors que l’on passait une semaine à New-York. Non annoncée sur le site de la salle quelque jours plus tôt, cette présentation live de Unit XT était en fait proposée par The Pace Gallery à l’occasion de l’exposition Moiré présentant les derniers travaux plastiques de l’Allemand. Le suspense restera entier jusqu’au bout quant à notre possibilité d’assister au spectacle puisqu’entre les invités et les personnes ayant réservé leur place à l’avance, nous nous retrouvions sur liste d’attente. On rentrera finalement à condition d’être assis par terre, devant les gradins d’une salle que l’on comparera à un mini Centre Pompidou, avec une programmation très axée sur la vidéo, la danse et les performances.
Nous étions bien présents quelques semaines plus tôt à l’ouverture du festival Némo, lors de laquelle Alva Noto et Anne-James Chaton présentaient Unit XT / Derivative Version. Déçu par celle-ci, nous n’avons même pas jugé bon d’en parler sur ces pages, musicalement très rentre dedans, même si graphiquement la présentation sous forme de modules visuels interconnectés était une nouveauté appréciable (mais sous-exploitée).
Ce soir à la Kitchen, il s’agissait de la version classique de Unit XT dans une configuration très proche de celle que l’on pouvait voir un an plus tôt aux Siestes Électroniques. Carsten Nicolai est seul, situé à même le sol (pas sur une scène), avec laptop, contrôleurs et moniteur, et en fond de scène l’immense écran sur lequel sont projetés ses visuels parfaitement synchronisés avec sa musique. Bleeps secs et chuintements de bruit blanc viennent ponctuer une rythmique sèche et puissante, tandis que la voix samplée du français, monocorde, dicte comme une machine une suite de données. Quand la voix disparait, c’est la rythmique qui semble prendre le dessus. Sans aller jusqu’à donner envie de danser, on passera tout de même pas mal de temps à marquer le tempo en hochements de tête et mouvements de pied tellement cette musique se fait entraînante.
_ Mais c’est certainement à l’écran que la différence est la plus perceptible avec sa prestation des Siestes Électroniques. On regrettait l’an dernier un certain systématisme visuel avec de manière récurrente un amas de lignes horizontales colorées et oscillantes. Si l’on retrouve cette forme très présente, on remarquera aussi quelques tentatives annexes, en formant un marquage imitant une échelle sur l’axe vertical (rappelons que Unit XT fait référence à une extension des unités de mesure), brouillant les pistes en mêlant lignes verticales et horizontales afin de créer des motifs du type "tissage écossais", pour finir comme l’an dernier par des lignes colorées traversant l’écran de part en part.
Pas de rappel cette fois, mais cela ne s’avérait pas vraiment nécessaire non plus. L’Allemand a joué un set parfait d’environ 45mn devant un public apparemment conquis si l’on omet les quelques personnes ayant quitté la salle durant la performance. Des invités certainement. Quelques jours plus tard, nous allions à la Pace Gallery afin de voir l’exposition Moiré dont nous parlerons peut-être prochainement. Ou pas.
le 27/05/2010