du 11/09/2010 au 31/12/2010
Musée d’Art Contemporain,
Lyon
Manière de détourner l’invitation que lui a lancé le Musée d’Art contemporain de Lyon, Olivier Mosset fait ouvrir son exposition personnelle façon clin d’œil par le Négatif d’Hugo Pernet. Alors que Mosset s’est notamment rendu célèbre pour son rond noir sur fond blanc, Pernet a peint un rond blanc sur fond noir. À dire vrai, on était déjà sur la piste de cet effacement de l’artiste avec le titre de la monographie puisqu’à la place de son patronyme, le Suisse préfère qu’apparaissent, dans une longue phrase, les titres des œuvres exposées.
Une fois pénétré l’espace d’exposition, on est frappé par la monumentalité des toiles de Mosset, larges et hautes de plusieurs mètres chacune, s’imposant par le caractère minimaliste de leurs tonalités unies. Dans ce lieu, la série de bichromes impressionne par la profondeur de ses teintes et la simplicité feinte de son processus créatif (accoler deux portions monocolores) tandis que l’artiste démontre une volonté de rompre avec l’enchaînement de cette série avec Carré bleu sur fond blanc et ses trois « bandes » colorées hommages à Kasimir Malevitch.
Pour autant, cette monumentalité ne se fait jamais écrasante car les espaces immenses du Musée sont à peine délimités, faute de cloisons et cimaises, hormis celles créées par Olivier Mosset lui-même, pendant que l’accrochage laisse judicieusement vierge certains pans de murs. Globalement, ces travaux ressortent idéalement dans le white cube qu’est le MAC, avec son parquet bien aligné et ses murs blancs ; aspect sur lequel joue A Step Backwards et ses liserés blancs entourant un rectangle gris qui conduisent à se demander où se situe la limite entre peinture et espace d’exposition.
Les Cimaises confectionnées par Mosset n’ont pas pour objectif de casser l’espace, s’arrêtant après quelques mètres de verticalité et, surtout, n’étant pas réduites à cette destination. Le Suisse les utilise aussi, en écho à la réactivation dont toute cette exposition fait preuve (la plupart des œuvres ayant déjà été exposées à Lyon il y a une vingtaine d’années), comme outils d’un jeu avec les formes, semblables à des pièces d’un jeu de construction qu’il assemble en étoile ou en tas. Tas encore avec les pierres exposées devant l’entrée du Musée, création dont on soupçonne l’éphémérité bien qu’un panneau annonce une surveillance vidéo.
Même caractère passager pour les Toblerones, montages de blocs de glace aux configurations proches des confiseries suisses dont il ne reste, après quelques jours d’exposition, que le souvenir. Perpétuée par des vidéos retraçant en temps réel la mise en place et la disparition progressive de ces œuvres dans l’espace d’exposition, cette commémoration s’avère fondamentalement pleine de vie.
le 26/11/2010