David Geselson
David Geselson
du 17/03/2016 au 03/04/2016
Théâtre Public de Montreuil,
Montreuil
Dans la continuité d’autres spectacles oscillant entre théâtre et conférence, David Geselson a souhaité retracer le parcours de son grand-père, ayant quitté la Lituanie en 1934 pour rejoindre la Palestine et fonder un kibboutz. Confronté ensuite à la Seconde guerre mondiale, il servit dans les Brigades Juives, partit combattre les nazis sur le front italien avant de revenir et d’assister à la fondation de l’État d’Israël. Marqué par cet aïeul, Geselson fait tout d’abord le choix de le raconter avant qu’il ne se trouve incarné par Elios Noël, autre comédien présent sur le plateau.
Avec un début très réussi (Geselson façon conteur d’histoire, avec humour et émotion), un louable effort de vulgarisation se met en place, aussi bien des us et coutumes (kibboutz, talmud, yeshivah) que de la géopolitique locale (tous les événements de 1934 à 1948 sont ainsi narrés). Lorsque l’incarnation se matérialise, quelques scènes déjà évoquées sont rejouées, sans que cela n’apparaisse complètement nécessaire ; pour autant, voir Yehouda prendre vie, avec ses qualités et ses défauts, donne un second souffle au spectacle. Comme souvent dans ce type de proposition, l’Histoire (avec sa grande hache, comme la caractérisa Pérec) et la petite histoire se croisent et les passages poignants (l’arrestation du père de Yehouda, resté en Lituanie) alternent alors avec les moments plus légers (la séquence où David Geselson se retrouve à Tokyo), dans une mise en scène assez simple et efficace, faite notamment d’écrans mobiles et de chaises.
Tout cela permet d’arriver à l’affrontement final entre le petit-fils et le grand-père, autour de la légitimité du peuple juif à investir la terre des Palestiniens arabes : le vide est-il du rien et n’appartient-il vraiment à personne ? Celui qui était présenté comme un héros se trouve alors montré comme un colon comme les autres, chacun défendant un point de vue qui peut s’entendre et qui, en toute hypothèse, résonne vivement avec des questions contemporaines.
le 22/03/2016