Johann Le Guillerm
Johann Le Guillerm
du 21/03/2017 au 01/04/2017
Théâtre Silvia-Monfort,
Paris
Personnalité un peu différente de ce qu’on a appelé le « nouveau cirque », Johann Le Guillerm s’est en effet affranchi de cette école pour se tourner vers des spectacles allant chercher du côté des arts plastiques ou de la performance. Depuis une quinzaine d’années, c’est même dans le champ de la recherche qu’il intervient, au moyen si besoin de sculptures ou autres concrétisations matérielles. Nouvelle déclinaison de ce travail, Le Pas Grand-chose le voit partir de la volonté de se concentrer sur le point, sur le minimal, dans ce qu’il présente comme son « cirque mental ».
Formellement, Le Pas Grand Chose prend des atours de conférence un peu burlesque, exposé mené par le Français en costume-cravate, accompagnée d’une carriole à tiroirs d’où il extrait les différents accessoires venant accompagner ses argumentations. S’enchaînent alors des séquences dans lesquelles, entre mathématique et pataphysique, il joue sur les chiffres et les formes pour tenter de démontrer quelque chose, sans bien savoir quoi lui-même. À cette aune, les vingt premières minutes s’avèrent particulièrement convaincantes, avec digressions sur les amas, les points et la calligraphie des chiffres ; humoristiques et, en même temps, pas si anodins, ces premiers tableaux augurent favorablement du reste du spectacle.
Malheureusement, la grosse heure restante se poursuit dans des développements répétitifs où tout et n’importe quoi se mêlent, Le Guillerm essayant de rattacher tout ce qui lui traverse l’esprit à son point de départ, le dispositif passant alors du systémique au systématique. Précisément, on touche à la limite de ce type d’exercice dans lequel le créateur ne sait pas vraiment ce qu’il cherche, ce qui permet alors de tout justifier puisque tout finit par faire sens et qu’on retombe à chaque fois sur ses pieds. Peu importe même où on arrive parce que si c’est nulle part, on pourra toujours dire qu’on ne cherchait rien (où que, magie de l’absurde, c’était justement là où on voulait arriver), et si c’est quelque part, on sera parvenu à quelque chose.
Au total assez vaine, la démarche lasse, voire agace par son côté « petit malin ». Au surplus, et même s’il réserve quelques passages plutôt jouissifs (tels ceux avec de la nourriture : bananes, clémentines, pâtes) ou quelques instants assez beaux plastiquement (lorsqu’il joue des ombres portées), Johann Le Guillerm ne fait pas grand-chose pour écarter les reproches évoqués précédemment, conservant un ton monocorde et une uniformité d’ensemble.
Autres dates :
– 4, 5, 7 et 8 avril 2017 : Volcan - Le Havre
– 11 et 12 avril 2017 : Treize Arches - Brive
– 3 et 4 mai 2017 : Tandem : Hippodrome de Douai / Théâtre d’Arras
le 26/03/2017