Ellsworth Kelly : Fenêtres

 date

du 27/02/2019 au 27/05/2019

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 tags

Centre Pompidou / Ellsworth Kelly

 liens

Centre Pompidou

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Placé au cœur du musée, dans ce qui s’appelle dorénavant la « Galerie 0 », l’exposition d’Ellsworth Kelly se veut centrée sur le travail réalisé par l’États-Unien quand il vivait en France, de 1948 à 1954. La série des « fenêtres » a été effectuée à cette période et, dans la logique de sa présence au milieu du fonds du Centre Pompidou, la présentation curatée par Jean-Pierre Criqui, fait coexister les œuvres définitives et les esquisses, croquis, crayonnés et photographies ayant servi de travaux préparatoires.

Window, Museum of Modern Art, Paris
(courtesy Centre Pompidou)

Avant de revenir aux États-Unis et d’opter pour des gestes plus monumentaux, la démarche plastique d’Ellsworth Kelly s’était donc polarisée sur ces fenêtres qu’il observait depuis la rue mais, au lieu de regarder à travers elles, le jeune homme les regardait, elles. C’est ainsi qu’il adopta une dialectique le conduisant à abstractiser le réel, en ne conservant soit que les vides entre les pleins (Window I, Window II et Window III), soit le fin qui entoure les pleins (Windows IV). L’inscription dans l’environnement parisien se fait encore plus sentir avec la reproduction des hautes fenêtres du Musée d’art moderne de l’avenue du Président Wilson (qui, à l’époque, était le Musée national d’art moderne et qui est, maintenant, le Musée d’art moderne de la Ville de Paris) (Window, Museum of Modern Art, Paris).

White Over Black III
(courtesy Matthew Marks Gallery)

Ce paradigme l’amena ensuite à travailler sur la bichromie et le minimalisme du trait et des formes, ainsi que sur le rythme des enchaînements, dans des formats carrés : carré noir sur fond blanc (White Square), puis blanc sur fond noir (Black Square), deux carrés noir et un carré blanc alignés horizontalement (Black, Two Whites) et inversement (White, Two Blacks). Le support devint, peu de temps avant son décès en 2015, le véritable sujet de son ouvrage, lorsque deux châssis se trouvent superposés, un noir sur un blanc, jouant sur la tridimensionnalité et la simple évocation que fait naître chez le spectateur ces toiles tendues, vierges de toute autre intervention (White Over Black III).

Window VI
(courtesy Ellsworth Kelly Studio)

Les esquisses et photographies permettent, au contact des œuvres finies, de reconstituer le parcours mental d’Ellsworth Kelly, mais aussi l’affinement de son procédé. Par exemple, les esquisses de Window, Museum of Modern Art, Paris montrent sa maîtrise progressive de la perspective résultant de la hauteur des fenêtres considérées. Plus encore, cela permet de retracer son évolution pour constater qu’à un moment, il poussa encore plus loin le processus décrit précédemment, en partant d’une ouverture dans le pavillon suisse, réalisé par Le Corbusier à la Cité Universitaire. Y intégrant une canalisation, des poutres qui apparaissaient au travers et le ciel bleu, l’États-Unien compléta son geste pictural pour obtenir quelque chose de plus travaillé (Window VI), tout aussi probant que ses productions plus minimales.

François Bousquet
le 24/04/2019

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