Rafael Anton Irisarri

Solastalgia

(Room40 / Import)

 date de sortie

21/06/2019

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

 tags

Ambient / Rafael Anton Irisarri / Room40 / The Sight Below

 liens

Rafael Anton Irisarri
The Sight Below
Room40

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Ne pouvant être tout à fait insensibles à la marche du monde et à l’avenir de la planète, les musiciens réagissent également aux bouleversements environnementaux. C’est ainsi que Rafael Anton Irisarri intitule son nouvel album du nom de cet état de mal-être ressenti compte tenu des changements climatiques, cette détresse psychique théorisée récemment et dont on avoue découvrir le concept avec ce douzième album du New-Yorkais. Au reste, l’engagement de ce dernier ne peut être taxé d’opportunisme car, avec le précédent long-format recensé sur ces pages (The Shameless Years, il y a deux ans), c’était une rage face à l’élection de Trump que l’Etats-unien déployait.

Solastalgia voit aussi Irisarri revenir vers Room40 et recoller, par la même occasion, avec cette ambient qu’affectionne le label australien. La superposition de nappes s’avère ainsi le maître-mot de cet album, dans un mouvement de montée en puissance progressive. Sur les deux premiers morceaux (Decay Waves et Coastal Trapped Disturbance), les textures du New-Yorkais sont également relayées par la voix de l’Argentin Leandro Fresco, pas véritablement identifiable sur le premier nommé mais moins noyée sous les effets sur le second. Naturellement, il n’y a pas loin à parcourir pour imaginer qu’il s’agit là d’une métaphore : l’être humain se trouve submergé par des nappes et vagues provenant d’une nature qui, même s’il s’évertue à la détruire, sera toujours supérieure.

Sous ce rapport, la belle saturation conférée à ces matériaux permet à Rafael Anton Irisarri de mettre en place des morceaux pour le moins vertigineux. Le dialogue installé par le musicien entre ces effets et d’autres, plus aériens, proches de vocalises féminines extatiques, crée le sentiment, étrange et beau, d’être emporté à la fois dans des profondeurs et vers les hauteurs. Sans surprise, une forme de tristesse peut aussi se rencontrer dans certaines compositions du disque, à l’image du mélancolique et bien nommé Kiss All The Pretty Skies Goodbye avec ses quelques touches de clavier. Bref, c’est donc bien une large palette du registre ambient composite qui se trouve ici parcourue par un musicien vraiment constant dans la qualité.

François Bousquet
le 31/07/2019

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