21/02/2020
Blockhaus DY10,
Nantes
Un trio, apparemment formé pour l’occasion, avait drainé un large public au Blockhaus DY10 puisqu’une bonne cinquantaine de personnes était installée dans le petit espace semi-enterré nantais, pour le traditionnel rendez-vous expérimental du vendredi soir. Constituée de deux hommes installés à même le sol et d’une musicienne debout derrière un grand dispositif constitué de ressorts bobines de plusieurs tailles, la formation éphémère livra trois morceaux leur permettant de faire intelligemment converser leurs univers.
Grattant ses deux plus gros ressorts, étirés devant elle, ou les parcourant d’une main, SS Mylitta plaquait des accords sur son clavier de l’autre main. La conjonction de ces accords tenus et de sons plus irréguliers, issus des torsades métalliques reliées à d’autres appareils, se mariait avec les propositions faites par ses deux compères : le sampler de l’un et les cassettes et machines de l’autre. En parallèle, Viktor Kolbitr lisait des textes en russe tandis que Pipistrelle, à l’aide d’un petit capteur placé en bouche, incorporait des cris étouffés. Ce bel ensemble, conjuguant de manière convaincante paroles et musique, s’étira pendant un quart d’heure, donnant autant à voir (par la manipulation des différents adjuvants des interprètes) qu’à entendre.
Prenant pour fondement une petite ritournelle préenregistrée au clavier, le titre suivant permit à SS Mylitta de se charger de la partie vocale, disant un texte en allemand, par le truchement d’un micro de cibi. À ses côtés, ses partenaires livrèrent un tapis sonore plus rudimentaire avant que la musique n’accueille, pour le morceau final, des pulsations sourdes, proches du roulement, et que les cris de Pipistrelle ne reviennent, dans un registre plus démonstratif. Clôturant ainsi la demi-heure réglementaire, le trio put se montrer satisfait de ce set dont on retiendra surtout la première moitié.
le 24/02/2020