Raphaël Zarka : Suite Gnomonique

 date

du 18/01/2020 au 14/03/2020

 salle

Portique,
Le Havre

 appréciation
 tags

Portique / Raphaël Zarka

 liens

Portique

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Centre d’art à l’excellente programmation (on ne compte plus les artistes défendus sur ces pages et exposés dans le bâtiment du centre-ville du Havre), le Portique offre à Raphaël Zarka ses deux niveaux pour y déployer une sorte d’écho à des propositions déjà montrées à Bucarest et Anglet. Suivi ici depuis une douzaine d’années, le plasticien est connu pour ses travaux sur les formes géométriques un peu étranges, dont il trouve des déclinaisons dans l’espace public. On se souvient ainsi de ses recherches sur le rhombicuboctaèdre (cette sphère composée de surfaces plates, huit triangulaires et dix-huit carrées) ou bien de ses créations renvoyant aux rampes de skate park.

Vue de l’exposition

Pour cette Suite Gnomonique, il s’agit de partir des cadrans solaires (la gnomonique est, en effet, l’art de concevoir de tels objets) et d’en extraire des fragments, entre gommettes enfantines et formes en ombres chinoises qu’aurait découpé le soleil. Affublés de couleurs un peu pastels, ces fragments sont ensuite disposés sur des fonds noirs, de manière apparemment aléatoire mais qu’on sent aussi très calculée. Il en résulte des compositions oscillant entre abstractions hasardeuses et agencements immédiatement accessibles, qui marquent également leur tribut au courant moderniste. S’échappant parfois de la 2D et de la toile peinte, ces formes s’associent pour créer des volumes en merisier, sculptures aux arêtes reconnaissables (toutes intitulées du nom de membres de la famille du mathématicien Arthur Schoenflies) ou totem dont le pilier a été creusé pour y faire apparaître ces découpes (Mount Melville, astucieusement combiné avec un rhombicuboctaèdre en béton posé à son sommet, comme s’il s’agissait de relier deux périodes de la carrière du plasticien).

Vue de l’exposition

Des travaux préparatoires en papier et un extrait du Catalogue raisonné des rhombicuboctaèdres viennent compléter le parcours, renforçant l’idée de continuité dans la trajectoire de Raphaël Zarka, artiste qu’on se plait toujours autant à retrouver régulièrement. Une nouvelle fois, il parvient ici à tenir de front appétence pour des inspirations scientifiques assez poussées (les travaux du mathématicien susnommé, le dessinateur et tailleur de pierres Peter Halt) et exercices quasi-ludiques (répartir des découpes sur une toile, empiler des sculptures, jouer au petit détective dans l’espace public). L’ensemble se fait, au surplus, sans prétention ni ostentation, et en renouvelant le propos au gré de l’attachement à une nouvelle forme géométrique.

François Bousquet
le 16/03/2020

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