(n5MD / Bigwax Distribution)
08/05/2020
Rock

À la fin de notre recension de Crystalline, long-format publié début 2020, nous annoncions cet album à venir sur n5MD, manière de revenir rapidement vers worriedaboutsatan après cette première chronique. Le disque paru sur sound in silence faisait état de plusieurs directions musicales, dont une sonnait comme typique du label d’Oakland, c’est donc sans véritable surprise qu’on y retrouve l’Anglais pour une proposition pleinement dans la veine majoritaire de la structure californienne : une musique entre post-rock, electronica et shoegazing, à base d’envolées de guitares réverbérées et de rythmiques entraînantes.
Hormis le dernier des cinq morceaux de Time Lapse, le choix est ici fait de travailler sur la durée (entre sept minutes trente et dix minutes) pour permettre à l’auditeur de plonger dans les compositions aux atours vertigineux de Gavin Miller. Afin de générer une telle sensation, pulsations, lignes de six-cordes et effets électroniques sont conjuguées, dans un schéma allant crescendo sur Dawn et Point Of Departure. Accueillant également quelques traits plus saturés de guitare électrique, comme autant de queues de comète des élans plus lyriques déployés précédemment, ces deux titres ouvrent impeccablement le disque.
Le propos s’apaise légèrement sur la face B, en même temps qu’il s’embrunit par la présence de boucles plus sombres (A Lost History). La volonté de procurer le tournis et un sentiment d’être emporté chez l’auditeur est, par ailleurs, toujours présente ainsi qu’en témoignent les coups de caisse claire digitalisée et affublée d’écho de Twin. Parvenu au terme du disque, un peu ivre comme on l’est quand on a respiré trop d’air, les petits tremoli de guitares de Mingels permettent de sortir en douceur de Time Lapse en se disant que le temps n’a pas été si « accéléré » que cela pendant ces quarante minutes et qu’on repartirait bien pour un tour.
le 23/06/2020