(Miasmah / Import)
17/07/2020
Rock

Resté sur Miasmah (alors qu’on a pu en témoigner récemment, plusieurs autres artistes ont quitté le label norvégien, notamment pour aller sur 130701), Kaboom Karavan était silencieux depuis sept ans, durée mise à profit pour chercher une orientation un peu différente à sa musique. Accentuant l’aspect instrumental, voire mélodique, de ses compositions, le Belge nous propose, à présent, une forme de folk expérimental un peu hanté, aux consonances pouvant évoquer les musiques slave ou tzigane.
La conjonction de lignes de guitare acoustique et de violon, comme la présence concomitante de voix masculine et féminine (The Karavel) ou les chœurs masculins qu’on croirait avinés (Void Boi), renvoient, de fait, assez rapidement, à ces univers et à leur transcription contemporaine qu’ont déjà pu réaliser d’autres musiciens appréciés de ces pages. Le caractère acoustique de la plupart des matériaux instrumentaux utilisés permet à Bram Bosteels de créer une forme de familiarité, ainsi qu’une proximité avec son auditeur, qui trouvera aisément refuge dans les entrelacs d’arpèges (Mindus). À l’autre bout du spectre, les apports métalliques et industriels sont toujours présents, comme pour rappeler les premiers travaux du musicien, comme le label sur lequel ce disque est publié, uniquement en vinyle (Patrulha).
Le propos, quand il s’étend au-delà des cinq minutes, peut parfois frôler le malaisant, les notes convoquées frottant l’une contre l’autre et les aigus se faisant un rien trop tranchants. Mais Kaboom Karavan sait aussi se faire suffisamment varié pour, d’un morceau à l’autre, écarter assez vite les différentes appréhensions qu’on pourrait avoir et livrer des titres complexes et travaillés.
le 18/08/2020