Huntsville

Bow Shoulder

(Hubro / Outhere Distribution)

 date de sortie

15/01/2021

 genre

Jazz

 style

Improvisation

 appréciation

 tags

Hubro / Huntsville / Improvisation / Ingar Zach / Ivar Grydeland

 liens

Huntsville
Hubro
Ivar Grydeland

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Possiblement en manque de concerts ces derniers mois, comme tant d’entre nous, Hubro et l’un de ses groupes phares ont décidé de finaliser le mixage de bandes enregistrées dans les conditions du direct il y a une dizaine d’années. C’était en juin 2010, au lendemain d’un concert d’Huntsville à Chicago, à la fin duquel deux des membres du groupe indé Wilco avaient rejoints les Norvégiens (comme cela avait été le cas pour un autre concert, déjà saisi sur disque, sur Rune Grammofon en 2008, et dont nous avions alors rendu compte), que tout ce petit monde s’était retrouvé (avec deux autres musiciens) au studio Loft de cette même ville, pour une session improvisée. Enfin terminé, après plusieurs séances de travail, le mixage de cet enregistrement se trouve publié, comme un souvenir quasi-unique (l’ensemble ainsi élargi ne se réunit plus sous cette forme, par la suite) mais aussi comme la preuve de la largesse d’esprit des deux groupes que sont Huntsville et Wilco.

Le format, assez similaire aux autres disques d’Huntsville (quatre morceaux pour une heure de disque) fait naturellement la part belle aux développements expérimentaux, et à la divagation musicale, offrant suffisamment d’espaces et de temps pour permettre aux instruments de s’ébrouer en toute liberté. Logiquement, l’ensemble prend alors vite des atours psyché, notamment par l’entremise des tablas électroniques et autres percussions, et des sonorités assez métalliques des guitares électriques. La présence de deux batteurs (Ingar Zach et Glenn Kotche) crée également une forme de roulement continu, accentuant le sentiment d’être face à un espace sonore très (trop ?) plein.

Toutefois, comme souvent avec ce type de disque, il faut dépasser sa première impression, et singulièrement le premier morceau (qui semble faire exprès de pousser le curseur un peu loin), pour atteindre des rivages moins tempétueux, plus à même de favoriser l’identification les participations de chacun des instrumentistes. Cela permet alors de déceler distinctement les interventions de deux guitares, comme celles du claviériste Yuka Honda (de Cibo Matto), ou de la basse électrique de Tonny Kluften, chargée d’appuyer, par exemple, les temps forts des mesures de Lower. Alors, c’est certain, la complaisance dans la durée excessive de certaines séquences comme la sensation d’être face à des musiciens qui se font un peu plaisir, ne sont pas écartées. Mais, une nouvelle fois, en ces temps où nous sommes collectivement sevrés de live, un tel témoignage fait aussi du bien.

François Bousquet
le 31/03/2021

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