Kapwani Kiwanga : Cima Cima

 date

du 27/04/2021 au 11/07/2021

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Crédac / Kapwani Kiwanga

 liens

Crédac

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Artiste à la trajectoire plus que rapide (découverte lors du Prix de la Fondation d’Entreprise Ricard, alors curaté par Claire Le Restif, Directrice du Crédac, fin 2019, retrouvée dans une exposition collective dans ce même centre d’art à l’automne 2020, puis lauréate du Prix Marcel-Duchamp quelques semaines plus tard), Kapwani Kiwanga bénéficie, à présent, d’une présentation individuelle à Ivry-sur-Seine. Initialement prévue l’an passé, elle fut décalée à cause des circonstances sanitaires pour, finalement, se tenir ce printemps, au moment de la réouverture des lieux de culture, mais dans un format et une approche différents de ceux imaginés au départ.

Vue de l’exposition

Sous ce rapport, on sait gré à la Canadienne de s’être extraite des thématiques autour de l’enfermement, du sanitaire ou de tout autre sujet lié, de près ou de loin, à la crise de la covid-19 (on fait confiance à tellement d’artistes pour nous abreuver de ces matières dans les prochaines années). Pour autant, pollué qu’est notre esprit par ces sujets, nous ne pouvons nous empêcher de penser que les grands lés de la salle principale, faits en résine de canne à sucre, sont bien pratiques pour faire respecter la distanciation sociale entre les visiteurs. Plus sérieusement, il s’agit donc de s’attacher aux plantes : celles qui grandissent (la rizière installée face à une baie vitrée, exposée plein sud), celles que l’on guérit (les feuilles de l’arbuste que l’artiste essuie une à une, dans la vidéo Vumbi, pour en enlever la couche de poussière rouge), celles qui nourrissent (le riz) et celles qui tuent (la fleur de paon, aux propriétés abortives, qui est reproduite en papier dans The Marias), celles qui voyagent (les grains de riz en verre, coincés dans les fils de la tapisserie Repository) et celles qu’on ramasse (la canne à sucre).

Matières Premières
(courtesy de l’artiste)

Sans se limiter à une approche purement botaniste, Kapwani Kiwanga n’hésite pas à montrer les interactions de ces différentes plantes avec l’être humain, qui les cultive, les soigne, les ramasse ou peut mourir par ou à cause d’elles. Pour illustrer ce dernier point, la jeune femme colle, çà et là, des lames de machette sur les grands lés de canne à sucre, retrouvant cet alliage métal-nature qu’on avait déjà pu apprécier à la Fondation d’Entreprise Ricard il y a un an et demi (à l’époque, c’était un coquillage qui reposait sur une plaque métallique), joli témoignage d’une continuité chez une artiste dont on regrette de ne pas avoir eu le temps d’aller voir, avant sa fermeture prématurée, sa proposition dans le cadre de l’exposition du Prix Marcel-Duchamp au Centre Pompidou.

François Bousquet
le 13/07/2021

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