(130701 / Bigwax Distribution)
19/11/2021
Rock

Élargissant encore sa palette, Resina accueille, pour son nouvel album, et en plus du batteur Mateusz Rychlicki déjà présent sur Traces, une chorale polonaise, dont les voix viennent compléter celle de la musicienne et qui renforcent l’aspect envoûtant et envoûté du propos. Agissant de manière assez spectrales, les vocalises ainsi utilisées échangent sans peine avec les notes de violoncelle ou la flûte de Magdalena Gajdzica, présente sur le morceau d’ouverture (Mercury Immersion).
De manière plus soulignée, les voix peuvent, aussi, reprendre les exactes lignes mélodiques jouées quelques secondes auparavant par le violoncelle, dans une mise en boucle trop insistante (Horse Trail). Les interventions de Mateusz Rychlicki en rajoutent également dans la même veine (jeu assez martial et métronomique, grésillements et saturations, noirceur de l’ensemble) pour constituer un ensemble grandiloquent et trop épais (Failed Myth Simulation, Manic). À propos de Traces, ces pages avaient pu indiquer que des accointances avec le stoner-rock étaient possibles ; cette inclinaison se vérifie à nouveau, ici, avec des conjonctions frappes lourdes-coups d’archet fouettés (A Crooked God), mouvement qui va dans le sens, décrit, d’un disque à la densité trop marquée.
Ceci posé, on apprend que l’album a été composé au moment où la Pologne était traversée par la Grève des Femmes (mouvement de protestation né en octobre 2020, à la suite d’une décision du tribunal constitutionnel réduisant les possibilités de recours à l’avortement). Ce contexte peut, alors, légitimer le recours à des consonances martiales, donnant l’impression d’une foule se déplaçant et laissant une large part aux chœurs féminins. Toutefois, c’est quand ces derniers se font continus, tapis sonore pour des déliés de violoncelle, que Resina se montre la plus convaincante (Unveiling, voire Recall avec ses notes aigues et son atmosphère de film d’épouvante).
le 08/02/2022