08/06/2022
International,
Paris
À nouveau de passage à Paris, et à nouveau à l’International, le duo Docks se rendait dans la capitale pour y fêter la sortie de leur nouveau single, Lilas, publié dans un format assez classieux (un flexi-disc en forme de carte postale, avec la face arrière cartonnée, pour pouvoir y écrire ou dessiner, comme sur une vraie carte postale). Bien familier du groupe toulousain, on se dépêcha de quitter le bureau, afin d’être à 20h dans le bar d’Oberkampf, ne voulant pas rater les deux musiciens, tout en évitant le reste du plateau (toujours aussi bigarré, puisque post-punk et slacker-rock étaient ensuite au programme).
Dans son format habituel, Docks s’installa et ouvrit avec Macabeu, extrait de leur cassette partagée publiée l’automne dernier, superbe premier morceau qui condensa toutes les qualités du duo : accords grattés par Daniel avec saturation, mélodie jouée par Manon, début assez rêveur avant l’entrée d’une rythmique pré-enregistrée chargée de structurer le titre, mécanique invitant le public à hocher la tête en cadence, et fin plus délicate avec quelques notes réverbérées et claires du musicien. En quelques minutes, tout était déjà dit, et allait se trouver déployé par la suite, dans cette veine principalement slowcore tout à fait maîtrisée par les Toulousains, qui piochèrent dans toute leur discographie (jusqu’à ce tout récent Lilas, donc), en interprétant notamment leurs morceaux les plus accrocheurs (Œuvres Vives ou Cardinale Nord), et en s’autorisant quelques pas de côté par rapport à leur registre traditionnel.
Sur Œuvres Vives, Daniel Selig utilisait ainsi sa guitare comme une basse, un peu « grasse » dans ses sonorités, le temps que Manon Raupp mette en place les deux lignes de guitare superposées, chargées de l’aspect plus chromatique du morceau. Plus loin, ce fut une proposition un peu math-rock qu’ils firent, avec une accélération du tempo dans le dernier quart. Enfin, l’inédit Soleil Levant clôtura leur set, avec un essai de quelque chose de plus sombre et moins lumineux, au résultat un peu brouillon (rythmiques trop complexes et trop en avant, notes jouées par Manon trop enchevêtrées, son des guitares trop épais, ligne mélodique de six-cordes à la limite du solo de guitare hero), même s’il convenait de saluer le fait de tenter autre chose.
le 14/06/2022