28/10/2022
Blockhaus DY10,
Nantes
Formation à géométrie variable, Eka Faune était, pour cette soirée au Blockhaus DY10, constituée de son meneur principal, mais aussi d’un violoncelliste et d’une performeuse. Placés dans une autre alvéole du bâtiment militaire que celle dans laquelle on a l’habitude de se rendre, les trois artistes débutèrent à 20h précises, par un morceau de violoncelle solo, avant qu’une boucle électrique ne soit lancée par Seika Faune depuis ses machines. Assez entraînante, elle entra en jeu en même temps que ce dernier opérait dans un parlé-chanté, narrant une histoire de bûcherons qui marchent sur la forêt (au chant passablement faux).
Préférant, donc, se concentrer sur la musique, on put aussi apprécier la performance d’une intervenante, placée face à Ludovic Le Roy, toute de noir vêtue avec un masque blanc de Pierrot. Après avoir déchiré en bandelettes des feuilles de papier imprimées, elle s’en fit des franges, couronnes et surchaussures, marquant le tempo avec sa tête et prenant une posture féline (accroupie, les paumes de mains posées au sol et les bras entre les jambes). Musicalement, les rythmiques lancées depuis les machines étaient rejointes par des basses, soit électrique, soit acoustique et en provenance du sous-continent indien.
Au reste, ce regard vers l’Asie d’Eka Faune se retrouvait dans les pulsations, un peu tribales ou hindoues, participant de leur caractère captivant, bien qu’insuffisamment renouvelées au sein des mêmes morceaux. Avec de tels supports, le violoncelle put offrir aussi bien des déliés mis en boucle qu’une approche plus percussive avec des frappes de l’archet sur la caisse. Pour le dernier morceau, Le Roy s’essaya à des frappes directement faites avec ses mains, tentatives moins convaincantes que les précédentes, mais qui contribua à établir qu’il s’agissait bien là d’un projet à voir en concert.
le 02/11/2022