(Constellation / Modulor)
07/10/2022
Rock

Moins d’un an après Phosphenes, sur lequel ces pages ne s’étaient pas arrêtées (quand bien même nous suivons Jessica Moss à l’occasion de ces passages en concerts ou bien de ses participations aux disques d’Oiseaux-Tempête), il est temps de consacrer une chronique à un album de la Canadienne. Il est d’autant plus pertinent de recenser ce Galaxy Heart qu’il voit la musicienne évoluer musicalement, tendant vers davantage d’électricité et de nervosité. La présence de la contrebasse de Thierry Amar (compagnon de longue date, via Black Ox Orkestar ou A Silver Mt. Zion) et de la batterie de Jim White aide à cette inflexion, conduisant l’ensemble à prendre des atours entre free rock improvisé et post-rock (Uncanny Being [Violin Study #2]) ; mais, d’elle-même, la Montréalaise tend à suivre également cette direction, sertissant son violon de saturations et de traitements, ou bien incorporant une boîte à rythmes (Uncanny Body [Violin Study #1])
Au-delà des deux musiciens déjà cités, on peut aussi voir l’influence d’un troisième, Radwan Moumneh (de Jerusalem At My Heart) chargé du mixage de l’album et qui a certainement trouvé des échos de son propre travail dans les vocalises de Jessica Moss, posées sur des divagations distordues de violon (le morceau-titre, pièce centrale du disque et parfaitement caractéristique de celui-ci). Au reste, on pourra objecter qu’à force de saturations et distorsions, on serait preneur d’un morceau dans lequel le son du violon soit direct, clair et plus simplement exécuté. Mais ce serait regretter alors le choix stylistique d’une musicienne qui a conçu ce nouvel album dans une continuité discographique, et ce serait également faire fi de la fin du disque puisqu’Opened Ending opère dans une classique superposition de couches de violon, dosant plus subtilement l’électricité que sur certains passages qui le précèdent. Néanmoins, c’est bien en démontrant sa capacité à agir dans ces deux registres que Jessica Moss confirme tout son talent.
le 19/01/2023