Lowfish

Grey With Breaks

(Suction Records / Import)

 date de sortie

05/05/2023

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Electronica / Lowfish / Suction Records

 liens

Lowfish
Suction Records

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Quelque temps après le retour de Lackluster, voici un autre musicien electronica des années 90-2000 qui réapparaît sur nos pages. En vérité, qui « apparaît » plutôt, car Lowfish, à la différence du Finlandais précité ou même de son compère de label (Suction Records sur lequel paraît ce Grey With Breaks) et d’aventures électroniques, Solvent, n’a jamais fait l’objet d’une chronique pour ses travaux discographiques propres (malgré deux recensions élogieuses de concerts en 2003). Croisé sur des compilations ou en tant que remixeur, le Canadien livre un disque au format double : neuf morceaux sur une quarantaine de minutes pour sa version LP, durée de près d’une heure vingt sur un CD qui pousse à dix-neuf titres en raison de l’adjonction de trois singles et EP des années 2010, uniquement disponibles en vinyle jusqu’alors.

Pour qui, un peu comme nous, aurait délaissé Lowfish depuis plusieurs années, malgré des sorties assez régulières, le contact se reprend immédiatement, puisque son électro-pop, aux fortes consonances 80’s, basée sur une rythmique assez basique et une atmosphère primesautière, constitue toujours sa marque de fabrique. Mais ce C100 d’ouverture agit également comme un mini-leurre car, sur des titres suivants, le Canadien sait déployer d’autres vertus, allant chercher d’autres sonorités, moins datées et plus variées, comme Saunter et ses couleurs plus sombres.

Toutefois, la force de Gregory De Rocher réside assurément dans cette capacité à délivrer émotion, nostalgie et patine, dans un mouvement mélodiquement travaillé et assez minimaliste de surcroît (The 7th, Moth). Cela peut le conduire à des propositions plus faibles, tel ce Mostly Cloudy à la pulsation trop mécanique, mais aussi à d’éclatantes réussites, comme cet End Credits qui, effectivement, conclut la partie « contemporaine » de l’album, avec sa construction progressive et ses deux lignes chromatiques superposées.

Les dix morceaux issus des archives récentes de Lowfish restent majoritairement dans la même veine avec, là aussi, quelques incursions autres, à l’image des attaques plus franches de Mv37 ou bien des samples vocaux masculins sur Blood. De bien belles pièces émergent aussi de ces EP et singles, avec Hypersensitivity, plus soutenu que les autres offres et plus sautillant, par conséquent, Scarborough Brutalist avec ses mélodies qui se répondent, ou encore Hello Tinnitus, à la frontière entre 8-bit et electronica.

François Bousquet
le 19/07/2023

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