(Hallow Ground / Import)
26/05/2023
Electronique

Elisabeth Klinck / Expérimental / Hallow Ground / Néo-Classique
Après Matthias Puech et Mattias Petersson, en janvier et février, voici, avec Elisabeth Klinck, une nouvelle artiste faisant paraître un album sur Hallow Ground sans avoir été préalablement conviée sur la compilation Epiphanies publiée début 2022. Manifestation de la poursuite du travail de recherche et de défrichage du label de Lucerne, ceci nous permet aussi de nous pencher sur le travail de celle dont le nom circule depuis plusieurs mois : des concerts aux côtés de Sarah Davachi ou Ben Bertrand, une résidence à l’Ancienne Belgique de Bruxelles et une participation à la pièce de théâtre One Song de Miet Warlop, donnée à l’été 2022 en Avignon.
Armée de son violon et en compagnie d’Oscar Claus, la Belge s’est isolée dans un village abandonné des Pyrénées (côté espagnol) courant 2021. Outre des notes un peu grinçantes en provenance de son instrument, quelques captations de l’environnement sonore et autres apports extérieurs se font entendre pendant la grosse demi-heure que dure Picture A Frame. Plus encore, on se sent comme plongé au cœur du village désertique quand l’antinomique Berceuse laisse entendre des bruits de porte qui craquent, ou bien lorsque Betty’s Nap diffuse des bruits de pas, dans un geste un peu immersif.
Des aspects plus mélodiques peuvent toutefois émerger du violon (River) même si celui-ci semble, à chaque fois, affublé d’effets le faisant sonner de manière particulièrement sèche ou rêche. Pas forcément très avenant de prime abord, l’album se révèle néanmoins intéressant quand les propositions se font plus riches, à l’image d’Awakening, avec sa nappe d’arrière-plan, ses différentes couches musicales et le sentiment d’un étirement assez prenant. La concision d’ensemble, comme les différents constats ici relatés, nous conduisent à attendre avec intérêt une prestation scénique d’Elisabeth Klinck, terrain sur lequel nous l’imaginons très bien se défendre.
le 31/07/2023