Will Guthrie / Drone À Clochettes

 date du concert

06/01/2024

 salle

Café de Paris,
Paris

 tags

Café de Paris / Drone À Clochettes / Le Non_Jazz / Will Guthrie

 liens

Le Non_Jazz
Drone À Clochettes
Will Guthrie

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Il n’est pas rare qu’une soirée de Le Non_Jazz constitue le premier horizon de notre année de concerts, la structure parisienne n’étant pas de celles à arrêter sa programmation pendant l’été ou début janvier. En ce samedi soir de fin de congés scolaires, une soirée de soutien à cette organisation se tenait, ainsi, au Café de Paris, avec un plateau, débuté à 20h, riche de huit concerts, enchaînés relativement rapidement, pour des prestations ne dépassant jamais les vingt-cinq minutes.

Drone À Clochettes

En ouverture de soirée, le duo Drone À Clochettes, hautement apprécié de nos pages, mais absent des scènes depuis trois ans. À genoux et en tailleur à même le sol de la salle, tout juste paré d’un tapis destiné à accueillir leurs machines, les Français livrèrent une ambient toujours aussi habitée. Afin de faire honneur à leur nom, Elisa Krywonis fit, pour débuter, tinter une clochette dans son micro avant d’ajouter quelques notes de mélodica, des tapotements et du chant. Thomas Robyn, venu sans guitare électrique, travaillait un contrôleur et des pédales d’effet pour participer à cet empilement de boucles (dont l’une d’entre elles intégrait des applaudissements saluant le début de leur set), et faire varier les nappes en les calant sur l’intensité du chant de sa compagne.

Une boucle mélodique pouvait être aussi lancée, soutenant le chant toujours vaporeux d’Elisa, bien que contenant, parfois, de véritables paroles, plus intelligibles. Sur le dernier morceau, ce fut même des paroles en français qui se confrontèrent à des nappes saturées et grésillantes. Davantage timbrée dans le « parlé » que dans le « chanté », la voix de la Française profitait, en outre, de la belle oscillation des nappes de Thomas. Si le format de la soirée ne permit pas d’aller au-delà d’une vingtaine de minutes, on put également regretter que le duo n’enchaînât pas ses titres, ce qui fit perdre un peu de l’envoûtement d’ensemble.

Kaon

Après une courte pause, le trio Kaon ouvrit le rideau de la scène et apparut au public : Niels Mestre à la guitare électrique, Jacques Pochat au saxophone ténor et Paul Collins au synthé Moog. Le premier alterna tapping et jeu avec le boule en feutrine d’une mailloche, tandis que le troisième traitait les sons et proposait des incursions grésillantes. Placé au milieu de la scène, Jacques Pochat apparaissait comme central dans tous les sens du terme, apportant la coloration très free au trio, avec un jeu nerveux, par bribes, dans un instrument doté, au début, d’un linge comme sourdine. Physiquement très investi, il parvint à se détacher du tapis sonore très épais et lourd mis en place par ailleurs, bien que les sonorités de son saxophone fussent, elles aussi, peu légères.

Positionné en contrebas de la scène, Will Guthrie put débuter son set dans la foulée, assis derrière sa batterie. Vu l’affluence (la grande salle du Café de Paris était archi-comble, belle satisfaction et joli témoignage de l’attachement au Non_Jazz), seule une quinzaine de personnes put voir pleinement sa prestation, pendant que cela discutait fortement à côté. Attaquant avec une vivacité qui ne le quitta pas pendant vingt minutes, l’Australien superposa ses rythmiques avec, d’une part, des frappes régulières sur sa grosse caisse et ses cymbales, pour marquer la cadence, et, d’autre part, des séquences un peu différentes. La caisse claire fut, ainsi, sollicitée pour une forme de fréquence plus aigüe, des toms furent frappés pour une tonalité plus sourde, etc… Même sans la satisfaction de pouvoir profiter du spectacle visuel, cette polyrythmie emporta l’adhésion, conduisant quelques spectateurs à tomber dans une quasi-transe.

Retour sur scène pour dix minutes de spoken word, donnés par Deltanik, artiste d’origine grecque, relatant une histoire sans véritable fil narratif, décrivant des personnages, des lieux, des espaces, par des petits morceaux de récit décousus d’une intervention à l’autre. Entrecoupées de quelques éléments de field recordings contenant des aspects oniriques plutôt appropriés, ces interventions parlées citèrent plusieurs écrivains (Nietzsche, Lenz, Pascal), dans un geste tenant de la performance.

Intitulé PPM (pour Petite Prestation Modulaire ?), le projet de François Galland ne mentit pas sur la seconde caractéristique : son synthé modulaire était bien placé au centre de son dispositif. En revanche, « petite » ne convient pas, si l’adjectif est pris pour « ténu » ou « discret », car le Français envoya des poussées sonores très marquées, conjuguées à des montées chromatiques paraissant s’envoler, des simili-sifflements ou des larsens, ce qui constitua un concert, somme toute, un peu éprouvant.

Eau De Source

Alors qu’il restait encore trois autres propositions, on ne resta que pour Eau de Source. Après avoir (péniblement, compte tenu du monde) installé une bande blanche au milieu de la salle, Meryll Hardt la suivit scrupuleusement d’avant en arrière, et retour, quasiment à l’aveugle, en même temps qu’étaient accrochés à sa cheville des clochettes et autres objets. Tenant également un micro, la jeune femme, vêtue d’une robe noire et d’un col Claudine blanc, mixa tous ces sons avant de s’installer sur scène, derrière son laptop, pour moduler sa voix, dans un registre entre performance et concert, qui, tout bien réfléchi, résuma assez bien la soirée.

François Bousquet
le 08/01/2024

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