30/03/2024
Musée d’Arts,
Nantes
En un peu moins de deux ans, on a appris à découvrir Noémi Büchi qui, jusqu’alors, n’avait donné qu’un seul concert en France, au festival Maintenant, de Rennes, en 2021. Avec un disque solo sur -ous, puis deux albums de Musique Infinie (son duo avec Feldermelder, dont ces pages ont pu rendre compte d’un album sur -ous avant un autre, dont la chronique est à venir, sur Hallow Ground), la Suissesse s’est affirmée comme une nouvelle représentante intéressante d’une scène électronique foisonnante, mais dans un registre plus maximaliste que le reste des productions de ces deux labels. Sa venue au festival Variations était donc attendue et faisait partie de nos motivations premières, et nous n’étions apparemment pas les seuls puisque l’auditorium du Musée d’Arts afficha complet pour ce concert du milieu d’après-midi.
Une fois distribués des bouchons d’oreilles et passé un message de prévention quant aux effets lumineux, le set débuta effectivement par des pulsations appuyées, sortes de coups numériques granuleux sur lesquels Noémi Büchi posa plusieurs bribes mélodiques tout aussi marquées et quelques mots lâchés dans son micro. Des cordes samplées et des nappes aux aspects plus lumineux purent, ensuite, parer un morceau arythmique, avant que les fragmentations fréquentielles ne reprissent le dessus. Plus loin, des notes de piano samplées, elles aussi très métalliques, permirent de constituer un ensemble d’électronique expérimentale presqu’industrielle.
Associées à sa musique, les lumières violacées, provenant de spots situés derrière la musicienne de Zürich, se partageaient entre feux à éclats intermittents, réduction quasi à néant et pulsations telle une rythmique concomitamment à une basse. En parallèle, traduisant la physicalité certaine de son propos, Noémi Büchi engageait volontiers son corps, se balançant d’un pied sur l’autre en cadence, se penchait sur son laptop et sa table de mixage, remettait ses longs cheveux lâchés derrière son oreille gauche.
Tout ceci concevait un ensemble très prenant, au caractère assurément enveloppant, offert dans une atmosphère assez lourde en raison des beats appuyés à la fréquence basse et au tempo lent. Pas loin d’une certaine épaisseur un peu capiteuse, les morceaux de la Suissesse laissaient pourtant toujours poindre une petite ligne (de flûte ou de clavier) pour éclaircir le projet et finir d’emporter l’adhésion.
le 03/04/2024