12/04/2024
Mécanique Ondulatoire,
Paris
Alors que vient de paraître leur première sortie en CD (un disque partagé avec My Imaginary Loves, autre formation de Toulouse), Docks reprenait le chemin de la route pour une petite dizaine de dates en ce mois d’avril. Cela nous permit, six mois après une prestation un peu décevante, de retrouver le duo, chargé d’ouvrir une soirée plutôt indie-pop, donnée dans la cave de la Mécanique Ondulatoire. Récemment repris par de nouveaux programmateurs, l’espace (typique de ces caves de bars de l’est parisien) a déjà annoncé devoir subir une fermeture pour remise aux normes, comme plusieurs autres lieux similaires (à croire que les pouvoirs publics locaux entendent faire bonne mesure pour les jeux olympiques et paralympiques).
Profitant donc d’une des dernières dates avant travaux, on descendit les escaliers pour se poster, aux côtés d’une vingtaine de personnes (la douceur de cette soirée parisienne et l’horaire précoce - 20h - pour un vendredi soir, n’aidèrent pas à faire venir les foules), face à un duo attentivement suivi sur ces pages et qui ouvrit sa prestation, comme en novembre, par Lilas. Cette bonne entrée en matière, assez caractéristique de leur style (ces instrumentaux entre slowcore et post-rock, avec boîtes à rythmes) fut suivie par Strike, titre plus récent, à la belle longueur et marquant par sa richesse : Manon Raupp y joua des harmoniques, avant de livrer des enchaînements façon exercices de montée de gamme, puis d’introduire de la distorsion sur la fin. Dans un format qui les vit, comme de coutume, alterner thèmes de base et soli de guitare, les deux musiciens proposèrent, plus loin, un titre plus nerveux avec des rythmiques redoublées (issues de programmation préenregistrées), des accords saturés et un jeu sur les résonances pour conclure.
Reprenant à nouveau le Rococo de The Cocteau Twins, Docks en fit une pièce assez brève, avec une pulsation claire et martiale et des notes de guitare plus piquées et plus sèches, pour un ensemble moins avenant. Assumant un certain penchant shoegaze, 393 offrit moins de petites lignes mélodiques, au profit de mini-breaks et mini-slides, avant que Cardinale Nord (l’un de leurs morceaux iconiques) ne vienne terminer leur set, avec son caractère quasi-entraînant de l’alliance rythmiques-« refrain » de guitare, et l’apport des mélodies un peu moyen-orientalisantes tirées de sa six-cordes par Daniel Selig. L’impression mitigée ressentie il y a six mois était dissipée et on put donner assurément rendez-vous au duo pour son prochain passage parisien.
le 24/04/2024