Crumbling The Antiseptic Beauty

 date

du 07/05/2024 au 13/07/2024

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Fondation d’entreprise Ricard / Grichka Commaret / Isa Genzken / Marie Angeletti

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Si le titre un peu abscons de l’exposition curatée par l’artiste David Douard peut intriguer, son visuel de présentation, avec ces arcs de cercle, avait quelque chose de graphique plutôt intéressant. Parvenu dans l’espace de la Fondation Ricard, on se rend vite compte que ces courbes représentent, en réalité, des suites de stores positionnées dans les deux grandes salles et chargées de structurer l’espace. La scénographie, pensée par le commissaire lui-même, se charge donc de créer un parcours et de rendre plus riche la déambulation du visiteur, loin du white cube habituel des lieux. Les nombreuses cloisons rajoutées en plus, les ouvertures dévoilées (porte entre le bar et salle d’exposition, baie vitrée donnant sur les rails de la Gare Saint-Lazare) et les portes d’appartement qu’on trouve au long du cheminement viennent renforcer cet aspect qui, parfois, passe même devant la réception des œuvres exposées.

Vue de l’exposition

Ce travail de mise en espace impressionne ainsi davantage que certaines créations plastiques, s’égarant dans des combinaisons un peu hasardeuses (les pièces de Garance Früth), des sculptures anodines (les marbres de Mélody Lu) ou des peintures trop vaporeuses (les toiles de Grichka Commaret). Il faut, toutefois, saluer la volonté de David Douard d’avoir sélectionner des artistes peu identifiés et relativement neufs dont le geste s’avère inévitablement pas encore totalement abouti ou pertinent. À leurs côtés, Isa Genzken fait office de figure un peu tutélaire bien que sa composition, assemblage entre photographie d’ouvrier sur le site de Ground Zero et travail de peinture ou collage, ne soit pas forcément aussi convaincante que d’autres travaux de l’Allemande.

Vue de l’exposition

Face à ces propositions, on préféra, donc, se concentrer sur la scénographie et les œuvres qui y trouvaient leur place, dialoguant presque avec les éléments de contexte : circularité musicale de la pièce sonore de James Richards, diffusée par plusieurs enceintes mises en cercle, canapés en cuir de Benjamin Lallier, photos de l’appartement de Pascal Doury, installation associant bureau, ordinateur et fauteuil de Morag Keil et encres de Guillaume Dénervaud dont l’inspiration fut trouvée en contemplant le ballet des trains par la baie vitrée. Enfin, on fut aussi touché par la simplicité des boules de pétanque de Marie Angeletti, laissées au sol entre deux cloisons, dans des interstices inusités, mais dont la surface, polie par la plasticienne, brillait d’un certain éclat.

François Bousquet
le 12/06/2024

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