21/09/2024
Dynamo,
Pantin
Partagée entre Nantes et Paris, l’agence Murailles Music se veut autant tourneur que label, avec, depuis ses débuts, un tropisme certain vers du néo-folk(lore), une manière de retravailler anciens instruments et musique vernaculaire. Avec le temps, le spectre s’est un peu élargi, à des musiciens comme Julien Desprez, Félicia Atkinson ou Melaine Dalibert, mais le substrat demeure, et se trouve, assez logiquement, mis en avant au moment de fêter les vingt ans de la structure. Une vingtaine de dates, en France et Belgique, est programmée pendant deux mois, pour célébrer cet anniversaire, sous l’appellation « Dé-Fête », avec un arrêt, en début de programme, à la Dynamo de Pantin, pour un plateau bien dans la lignée originelle de Murailles Music.
Avec son projet Tal Coal, Maud Herrera souhaite, ainsi, redonner vie à des chants de noces du haut-agenais, dont elle a fait la découverte en Lot-et-Garonne. Munie de son alto, la jeune femme, tout de noir vêtue (chaussures, pantalon, débardeur), livra une quarantaine de minutes de morceaux, exécutés les yeux mi-clos, pour réactiver la mémoire de cette langue régionale. Alternant jeu syncopé (avec mesure battue lourdement au pied, façon folklore) et travail plus délié de son instrument, Maud Herrera put aussi passer en pizzicati pour interpréter La Belle qui trouve le Nid, autre traditionnel, avant de clôturer son concert a capella. Sans forcément être amateur de ce registre, il fallut reconnaître une démarche tout à fait intéressante et une interprétation sincère et habitée.
Tous deux adeptes de la vielle à roue, Alexis Degrenier et Yann Gourdon se sont retrouvés après s’être perdus de vue pendant plusieurs années. Pour leur projet en duo, le second reste sur cet instrument, tandis que le premier passe à la batterie et aux percussions, pour un face à face fiévreux. Pendant une petite heure, séparée en trois mouvements, ils accordèrent leurs jeux, trouvant de bons échos et des relais de croissance pour des instruments qui, en solo, nous paraissent trop souvent monolithiques. Ainsi, les notes très aigües de la vielle à roue, issues d’une même séquence de la main gauche de Yann Gourdon, trouvèrent une résonance dans les frappes aux mailloches sur des cymbales, cymbalettes et bols.
Ensuite, le bourdon de Gourdon fut mis en relation avec le jeu aux baguettes d’Alexis Degrenier, frappant généreusement toms, caisse claire détimbrée et charleston fermée. Dense et répétitif, ce mouvement fut suivit par un autre dans lequel un roulement sur une cymbale creuse et remplie de billes s’associa à la note tenue provenant de la vielle, dans un ensemble au volume sonore très impressionnant.
le 27/09/2024