Grichka & Tohé Commaret : Miss Recuerdo

 date

du 18/02/2025 au 19/04/2025

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Fondation d’entreprise Ricard / Grichka Commaret

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Lui peintre, elle vidéaste : la fratrie Commaret suit, chacun de son côté, sa trajectoire artistique que la Fondation Pernod-Ricard entend exposer dans un seul regard, avec une proposition unique, partant de la cité Maximilien de Robespierre de Vitry-sur-Seine où les deux jeunes gens ont grandi. Quatre films (ou extraits de film) de Thoé Commaret côtoient ainsi les toiles de Grichka (qu’on avait déjà pu découvrir l’an passé, dans ce même lieu), plutôt rudimentaires et qui tâchent, via des assemblages d’acrylique, de velours et de matériaux moins nobles (carton, papier, perles en bois), de figurer des éléments typiques des grands ensembles immobiliers de banlieue : interphones, portes ou couloirs.

Comme c’est de plus en plus le cas à la Fondation Ricard, le travail de scénographie et de mise en espace (ici réalisé par le duo CluelesS) participe clairement de l’exposition, réalisant une forme de contextualisation bienvenue (car il n’est, de prime abord, pas évident de se plonger dans une cité du Val-de-Marne quand on est à Paris, dans le quartier de Saint-Lazare). Ainsi, après avoir emprunté un couloir sombre dans lequel est diffusée une petite vidéo filmant, en plan fixe, l’intérieur d’un RER, on arrive dans les espaces principaux, dotés d’un nouveau faux plafond ajouré, destiné à réduire les volumes, avant de devoir traverser une porte battante (qu’on croirait issue d’un immeuble) pour passer d’une salle à l’autre, ou de se trouver face à un véritable interphone, utilisé comme support de la vidéo Mustard.

Avec ses travaux sommaires (tel cet Old Trigger, ascenseur fait de fil blanc, petite photos et taquets en bois, façon bricolage enfantin), Grichka Commaret fait aussi écho au dénuement architectural de ces édifices, comme à la simplicité de leurs lignes. Attachés à leur cité, le frère et la sœur utilisent donc tous les moyens à leur disposition pour saluer les acteurs de celle-ci, soit bâtimentaires, donc, soit humains (voisins, travailleuses du sexe…) avec les films de Thoé. L’empathie des Commaret pour leurs sujets d’étude, venant de leur proximité et de leur passé commun, avec ceux-ci se manifeste ainsi largement, doublée d’une capacité à faire histoire (les films témoignent tous d’une vraie aptitude narrative), voire à ajouter humour et distance (avec, par exemple, la banlieue fantasmée de Palma), en évitant tout misérabilisme.

François Bousquet
le 21/03/2025

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