(Sofa / Import)
23/05/2025
Jazz

Personnalité très riche (outre sa présence au sein du trio jazz Moskus, qu’on suit depuis une petite dizaine d’années, on l’a vue ce printemps dans le cadre d’une soirée du GRM, aux côtés de la violoniste Manja Ristić), Anja Lauvdal s’associe à deux autres musiciens norvégiens avides de rencontres (ils officient notamment au sein de certains ensembles, tels le Trondheim Jazz Orchestra ou le Christian Wallumrød Ensemble). Le risque de l’emphase et de la surenchère (toujours un peu présent quand des musiciens actifs par ailleurs se retrouvent de la sorte) se trouve rapidement écarté puisque la formation opte, sur ce court album (vingt-cinq minutes pour cinq morceaux), pour une forme réduite, entre jazz expérimental et ambient.
Quelques montées de clavier provenant du synthé de Lauvdal, la guitare acoustique de Christian Winther délicatement grattée et des interventions discrètes du saxophone d’Espen Reinertsen forment, ainsi, la structure majoritaire de ces cinq titres. Tous les instruments ont l’air de frissonner, aussi bien le synthé (avec un travail sur le delay) que le saxophone (dont la vibration s’accompagne d’un souffle qu’on croirait tremblotant), pendant que la six-cordes se fait aussi assez hésitante. Mais l’ensemble, plutôt que chétif et malingre, donne l’impression de s’éveiller progressivement, comme si chaque instrument s’étirait pour s’extraire d’un sommeil profond.
L’électronique, livrée par les deux hommes, se place dans cette même logique, avec de semblables frémissements qui, en vérité, permettent de magnifier les instruments réels et de leur donner une profondeur certaine. Quelques tapotements font également écho aux pianotages sur les touches du clavier ou sur les clés du saxophone, dans un jeu de correspondances très fin (Nattraven) tandis qu’à l’inverse, le pincement des cordes de guitare peut contraster habilement avec les participations détimbrées du saxophone (As Night).
le 17/07/2025