(sound in silence / Import)
30/06/2025
Electronique

Avec deux morceaux d’une durée rigoureusement identique (vingt-et-une minutes tout juste), Stari Grad présente tous les atours d’un disque qui a vocation à être sorti en vinyle, avec une piste par face. Pourtant, fidèle à ses habitudes de publication, sound in silence s’en tient à une parution en CDr pour ce nouvel album de Wil Bolton, déjà familier du label grec puisqu’il s’agit de son troisième long-format sur cette structure. Pour notre part, après plus de trois ans sans avoir chroniqué le travail de l’Anglais, c’est sa deuxième sortie de juin dont nous rendons compte, et dans lequel, à nouveau, la captation de sons provenant de l’extérieur s’avère déterminante.
Enregistré à l’été 2024 à Belgrade, dans la vieille ville (dénommée « Stari Grad »), l’album témoigne ainsi des oiseaux, bruits de la rue et voitures qui passent, saisis par le Britannique juste devant le studio où il était en résidence. Quelques aplats et nappes servent de tapis sonore, accords à la durée prolongée et à la progression limitée à deux ou trois intervalles, intervenant en impeccable appui de la luminosité générale qui sourd de cet ensemble.
Celle-ci, parvenus au mitan de Skadarlija, se voit légèrement perturbée par quelques grésillements et buzz, en provenance d’un synthétiseur, manière de confronter deux versants musicaux, dans une mise en regard plutôt opérante. Sur Venizelosova, ces mêmes appuis crépitants pourraient être pris, si on poussait plus loin l’idée des field recordings, pour des sirènes de bateaux passant possiblement sur le Danube. Comme souvent dans pareil propos, les contributions électroniques ou synthétiques prennent, au fur et à mesure, le pas sur les captations, s’assimilant à elles avant de les recouvrir, dans un geste qui, de la part, de Wil Bolton ne traduit pas forcément la victoire des machines sur l’environnement.
le 04/08/2025