(Room40 / Import)
11/07/2025
Electronique

À l’instar d’autres musiciens ambient, et singulièrement ceux publiant des albums sur Room40, Siavash Amini fait partie de ces créateurs dont on a du mal à suivre toutes les sorties, vu leur nombre et la proximité entre deux parutions. On pensait donc en avoir raté un certain nombre, du fait de l’absence de recension ici de disque solo de l’Iranien depuis mi-2021. Or, l’artiste n’a fait paraître « que » deux longs-formats en solitaire dans cet intervalle, et c’est même après une totale pause discographique en 2024 qu’on le retrouve pour un exercice parti de la découverte de deux des plus vieux enregistrements de piano réalisés dans son pays. Avec un tel point de départ, on craignait un peu de se trouver face soit à un travail néo-classique minimaliste, marqué par une forte révérence au matériau d’origine, soit à une tentative d’exhumation de celui-ci, avec un résultat brinquebalant et au son trop lointain.
En fait, Siavash Amini opte, sur cet album sorti en CD pour son format physique, pour une approche très peu policée, choisissant d’ « opérer » (au sens chirurgical du terme) les morceaux anciens pour n’en conserver qu’un souvenir diffus (quelques notes par-ci, par-là) et d’y adjoindre de nombreux apports électroniques : souffles, cut-ups, poussées métallico-industrielles, field recordings, petites explosions, mini-larsens, etc… Tout cela concourt à faire de Caligo un album aux consonances très inquiétantes, les composants électroniques venant souligner l’aspect spectral des vieilles lignes de piano tandis que les sonorités se font volontiers grinçantes (Sanguis Stilla) ou fracassées, conduisant même, parfois, à des déluges numériques. En fin de disque, l’Iranien, comme pour soulager l’auditeur, offre plus de quatre minutes de pur souffle, très éloigné, entre résonance de ce qui vient de se passer et dernière expiration des bandes sonores retrouvées.
le 13/08/2025