Chloé Moglia
04/08/2025 et 05/08/2025
Jardin Rachmaninov,
Paris
Bien qu’on n’ait plus vu de spectacle de Chloé Moglia depuis 2007 (!), on avait continué de suivre ce que la chorégraphe propose, se doutant bien qu’on la recroiserait un jour ou l’autre. Progressivement, la Française s’est spécialisée dans des exercices de voltige et suspension, menés par une jeune femme, souvent à l’aide d’une perche ou d’un mât courbe. Pour le festival Paris l’Été, dont c’était la première édition dirigée par Marie Lenoir et Thomas Quillardet, à la programmation possiblement davantage orientée vers la danse que précédemment, c’est Rouge Merveille, création de 2024, qui fut donné dans trois squares et rues différents, dans le nord de Paris. Ce fut devant le jardin Rachmaninov, au croisement de deux rues piétonnes, qu’on s’installa au milieu d’un public bien fourni, pour assister à une grosse demi-heure très impressionnante de maîtrise et de légèreté.
Alors que le soleil éclairait encore généreusement l’espace urbain, Mélusine Lavinet-Drouet se positionna au milieu du public, à côté d’un engin rouge, replié sur lui-même. En bleu de travail et casquette rouge, manuel de fonctionnement imprimé sur deux feuilles à la main, la jeune femme commença à manipuler ce grand dispositif métallique, lui greffant une structure en « Y » qui était initialement accrochée dans son dos. Après avoir transmis les instructions à une personne du public pour les lui lire et la guider dans la finalisation du montage, ou l’actionnement d’une manivelle, l’acrobate entreprit de monter sur la perche et ses ailes, dressées vers le zénith grâce au treuil.
En quelques mouvements, elle se trouva tout en haut, suspendit son sac à dos, en sortit quelques accessoires et réalisa des figures autour de l’axe et de ses excroissances. D’une main, d’un genou, juste avec ses pieds ou ses abdominaux, elle tournait autour du mât et des ailes, passant de l’une à l’autre ou s’agrippant. Plus tard, elle put également livrer des mouvements de danse et déhanchés, sur un rythme électro diffusé par les enceintes.
Sans fil de sécurité, ni harnais, la possibilité d’une chute était là, tout le temps, d’autant plus que la chanson électro rappelait qu’ « ici, tout tombe lentement ». Mais le public se montrait rassuré par la décontraction de Mélusine Lavinet-Drouet, saluant néanmoins (un peu trop souvent, à notre goût), chaque nouvelle position d’une salve d’applaudissements. D’une grande fluidité, ses mouvements frappaient par leur sérénité et ses postures par leur naturel, notamment quand elle se posait, de manière acrobatique, pour manger un morceau, boire un peu ou lire quelques pages, comme si, même à six mètres de haut, la vie banale continuait.
Autre date :
– 30/08/2025 : L’inopiné festival, Questembert
le 07/08/2025