Larum

Treatise by Cornelius Cardew

(12k / Import)

 date de sortie

05/09/2025

 genre

Electronique

 style

Contemporain / Live

 appréciation

 tags

12k / Contemporain / Live

 liens

12k

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Un peu à l’image de ce que peuvent proposer les artistes en ouverture des soirées du GRM, le duo Larum s’est fait fort d’interpréter quelques pages du Treatise de Cornelius Cadrew, compositeur britannique de musique contemporaine décédé en 1981. Ce Treatise est considéré comme son chef-d’œuvre, notamment par la manière dont la partition est écrite, suite de formes géométriques très éloignées des notes et silences traditionnels (seules les portées, vides, sont présentes en bas de page). Reprenant certaines de ces annotations, sur la pochette et dans le livret de ce disque publié en CD pour son format physique, le groupe étatsunien y retranscrit deux concerts donnés à New-York : trois morceaux enregistrés à Public Records (ce lieu, à la fois magasin de disques, salon de thé et petite salle de concert, où nous avions pu voir Lucrecia Dalt, lors de notre dernier séjour dans la mégalopole) et trois autres à la galerie d’art contemporain Fridman, située en plein Manhattan.

Pour ces deux prestations, et le lien avec 12k était alors tout trouvé, Larum s’est associé à Taylor Deupree, convié à ajouter ses apports électroniques à ceux de Micah Frank, pendant que Chet Doxas agissait au saxophone. Sur cette grosse double demi-heure, ce sont les mêmes titres qu’on retrouve, la setlist étant identique d’un concert à l’autre, mais l’interprétation fut suffisamment libre pour proposer des variations et maintenir l’intérêt de l’auditeur. À cet égard, les contributions de Chet Doxas jouent un véritable rôle avec leurs interventions régulières, par petites bribes mais sans l’aspect « crachoté » que peut parfois induire ce type d’offre, préférant ici un souffle profond, même s’il n’est pas tenu dans la durée. Il peut aussi agir par des formes de frémissements, parfaitement adaptés à l’électronique de ses deux comparses, successions de nappes et de contributions micro-électroniques, entre glitches et fragments chromatiques.

Quand l’électronique prend des atours plus industriels, les concours du saxophone se montrent plus appuyés, et plus langoureux (Treatise 76 (Live at Public Records)). Ces aspects plus riches, quelquefois plus chargés, sont renforcés dans les versions données à la galerie Fridman, avec une granulosité plus marquée de l’électronique, des quasi-frappes métalliques, ainsi qu’un caractère plus lié des lignes de saxophone (qui finit même, en bout de disque, par se détacher plus franchement). C’est donc possiblement plutôt vers ce second versant de l’album qu’on se tournera lorsqu’on réécoutera cet album de Larum, formation qu’on est, en toute hypothèse, intéressé d’avoir découvert.

François Bousquet
le 12/09/2025

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