11/09/2025
FOLIA,
Paris
Deux jours après l’ouverture de FOLIA (nouveau lieu, au sous-sol d’un bar du bas de la rue de Belleville, programmé par l’équipe de Sport National), c’est à la deuxième soirée de ce bel espace (caves voûtées, bar classieux en fond de salle, jauge raisonnablement calée à 150 personnes) qu’on se rendit, en gageant qu’on y retournera prochainement au vu des ambitions du collectif gestionnaire. Pour notre concert de rentrée, passés les deux mois de pause estivale, il s’agissait de découvrir sur scène Walt McClements, accordéoniste découvert l’an passé à l’occasion d’un album réalisé avec Mary Lattimore et qui, depuis, a officié en solo sur Western Vinyl.
Avant l’États-Unien, l’association raeve, organisatrice de la soirée, avait convié, pour un plateau très cohérent, Mélodie Blaison. Debout avec sa flûte traversière, la Française basée à Bruxelles en tira des notes liées, pour des mesures samplées, progressivement superposées, et associées à des petites percussions métalliques (clochettes, triangle) provenant de ses machines. Passant à des notes plus saccadées, à mesure que d’autres sons électroniques étaient incorporés, la musicienne emplit l’espace sonore habilement. Tout en noir et en chaussettes, Mélodie Blaison laissa, ensuite, son instrument pour opérer uniquement aux machines, et donner un résultat d’ambient expérimental composite très réussi. Pour terminer, elle retrouva sa flûte, comme pour boucler une prestation d’une quarantaine de minutes qui appelait à être revue prochainement.
Face à la même cinquantaine de personnes que pour la Française, Walt McClements prit place, assis sur une chaise, avec son accordéon sur les genoux et un clavier à main droite. Lui aussi en chaussettes, il réalisait un gros travail aux pédales et effets, afin de traiter le son de son accordéon, en accentuer les aigus de manière quasi-métallique, en étirer les aplats et user au maximum d’une réverbération très adaptée au plafond voûté de la cave. Avec un tel régime, les habituelles respirations du soufflet et tapotements sur les touches de l’accordéon se faisaient peu entendre, au profit d’un drone profond et puissant.
Saisissant une trompette, tenue et jouée de sa seule main droite, Walt McClements en tira des lignes élégiaques, posées sur les tapis sonores constitués par ailleurs. Avec la densité sonore alors proposée, l’États-Unien pouvait rapprocher son rendu musical de celui qu’un orgue peut offrir, proposition servie avec conviction à un public assis par terre et très attentif. Sur le dernier morceau, il introduisit du delay sur les interventions d’accordéon pour faire naître une certaine émotion grâce à cette forme de vibration, émotion largement relayée par la trompette qui fit son retour. Au sortir de ces belles cinquante minutes, quand on remonta les marches vers le rez-de-chaussée du bar de Belleville, on était aussi empli de l’accordéon du musicien de Los Angeles et de ses volutes que peu pressé de retrouver celui du musicien de la ligne 8 et son crincrin massacrant La Foule…
le 15/09/2025