(Ghostly International / Internet)
10/10/2025
Electronique

Une pochette donnant à nouveau dans les compositions irisées, un intitulé vaguement onirique et une concentration sur une grosse demi-heure de l’album (pourtant publié uniquement en format numérique, ce qui aurait dû laisser possible une durée plus étendue) : New Moon ne s’annonçait pas forcément sous les meilleurs auspices. Venant trois ans après le passe-partout Gravity, ce nouveau long-format de Christopher Willits parvient, néanmoins, à dépasser ces a priori réservés, grâce à la belle ampleur déployée par ses plages de synthé, propres à mettre en place une ambient (un peu) régénérée.
Celle-ci peut alors opérer soit par accords plaqués plutôt puissants (Crossing), soit en touches plus aériennes, en intégrant quelques vocalises d’Alison Jones (Embrace) ou bien des fondus en entrée (Awaken). Une guitare électrique aux notes détachées et dotée de réverbération peut également s’inviter dans le tableau, permettant de relancer l’écoute par la grâce de ses lignes mélodiques et de son toucher dynamique (Observe). On retrouve la six-cordes de l’Étatsunien plus loin (Body), légère et quasi-espiègle, au soutien de quelques phrases chantées par l’auteur lui-même. Même sentiment de légèreté sur le conclusif Land, avec ses pépiements d’oiseaux et autres captations en extérieur.
La structure choisie, avec ces onze morceaux pour trente-cinq minutes, n’appelle malheureusement pas des développements suffisamment longs, sentiment parfois frustrant (Three Stars). On peut, toutefois, prendre le problème dans l’autre sens, et constater que cela force Christopher Willits à ramasser son propos et à livrer, par exemple sur les trois belles minutes trente de Rest, ce qu’il aurait mis six ou sept minutes à servir s’il avait opté pour une forme plus étirée. Certes cela peut-il conduire à des morceaux plus anecdotiques (Moonlight), mais cela donne, dans l’ensemble, un album assez plaisant.
le 10/11/2025