du 04/10/2025 au 06/12/2025
Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers
En ouverture d’une saison consacrée à des artistes nés dans les années 1990, la Galerie Édouard-Manet propose une exposition personnelle de Nesrine Salem, jeune femme attachée à une réflexion sur l’identité, émanant aussi bien de ses souvenirs d’enfance que de ses lectures récentes. Ce sont les secondes qu’on voit en premier en pénétrant dans l’espace, avec un long texte imprimé sur une toile enduite noire, suspendue en l’air de telle sorte qu’une partie du texte est à l’endroit et l’autre à l’envers. Plus loin, c’est une poutrelle métallique, sertie du mot « indig(è)ne » qui se trouve plantée dans le sol. Dans les deux cas, les œuvres, réunies sous cette appellation Indig(è)ne, essaiment puisque la toile s’étend sur une partie du sol du centre d’art, tel un tapis, et que la poutrelle paraît avoir été frottée et avoir laissé quelques résidus à son pied. Ainsi ancrées dans le sol, elles témoignent d’un enracinement à la fois des personnes concernées et des concepts ainsi travaillés.
Plus légères, les évocations de l’enfance passent par un montage de bandes vidéo des années 1990, tournées au caméscope. Scènes de famille autour de Nesrine Salem (repas, pas de danse, visionnage d’un dessin animé), ces images permettent de confronter la petite fille d’alors à la trentenaire d’aujourd’hui. De même, la diffusion, par un discman scellé au mur, de la chanson Seknet Marseille de la chanteuse de raï Chaba Zohra, publiée en 1991, ravive cette époque (aussi bien par la chanson en elle-même que par son support). Pour faire le pont entre les deux versants des créations de la Française, on pourra observer que la toile noire, dans sa partie « arrière », s’étend au sol en faisant des plis, rendant aussi difficile la lecture que la recherche dans les plis de la mémoire convoquée par les vidéos et sons. Sous ses apparences un peu courtes (l’exposition se visite rapidement), le propos de Nesrine Salem peut ainsi s’avérer plus complexe.
le 28/11/2025