(n5MD / Import)
17/10/2025
Electronique

En faisant le choix d’ouvrir son nouvel album par un morceau de six minutes et trente secondes, Shedir établit, d’emblée, le propos de ce We Are All Strangers : une volonté d’étirer ses compositions et de servir une ambient opaque et grésillante qui se déploie progressivement pour envelopper l’auditeur. Plutôt louable, une telle démarche semble de bon augure, au regard des préventions qu’avait suscité Before The Last Light Is Blown paru il y a un peu plus de deux ans, déjà sur n5MD.
Avec ce quatrième long-format, l’Italienne accentue donc certains aspects entrevus précédemment, et notamment la granulosité de ses nappes, et le caractère orageux des atmosphères mises en place sur la quarantaine de minutes d’un disque publié en CD et dans un beau vinyle transparent. Alternant strictement morceaux longs (dépassant les six minutes) et formes plus brèves (inférieures à deux minutes trente), Martina Betti parvient, dans un cas comme dans l’autre, à travailler cette progression qu’on relevait plus haut, soit en réalisant des variations plus fines (avec, par exemple, l’introduction de matériaux plus lumineux sur Hollowtide ou Stillwake), soit en agissant par empilement rapprochés (les traits électriques qui viennent enrichir les samples urbains de Wanderhaze).
À l’instar de son prédécesseur, on n’est pas certain que cet album de la Sarde soit particulièrement singulier mais, en appréhendant ces deux œuvres de concert, elles forment quelque chose de tout à fait cohérent. Plus encore, on se doit de relever une capacité à s’extraire de cette zone de confort, avec Soulbird, pièce beaucoup plus dépouillée, portée par des notes de clavier et dans laquelle les nappes sombres et chargées sont absentes.
le 02/12/2025