Jessica Moss

Unfolding

(Constellation / Modulor)

 date de sortie

24/10/2025

 genre

Rock

 style

Post-Rock

 appréciation

 tags

Constellation / Jessica Moss / Post-Rock

 liens

Constellation
Modulor
Jessica Moss

 autres disques récents
Michiko Ogawa
Pancake Moon
(Futura Resistenza)
Anushka Chkheidze + Robert Lippok
Uncontrollable Thoughts
(Morr Music)
Ivar Grydeland
Bøyning, Brytning
(Sofa)
Trond Kallevåg
Minnesota
(Hubro)

Fondatrice de la branche montréalaise de Musicians For Palestine, organisatrice de concerts en soutien à la population palestinienne, très concernée par la situation à Gaza depuis le 7-octobre, Jessica Moss en est naturellement venue à laisser ce contexte infuser dans les morceaux de son nouvel album. Nettement moins électrique et nerveux que Galaxy Heart, publié il y a trois ans, Unfolding s’avance comme beaucoup plus plaintif et profond, avec ce violon de la Canadienne mis très en avant, intervenant en solo sur la quasi-totalité du disque et rejoint par quelques vocalises filtrées servies par la musicienne elle-même, comme autant de paroles extraites du chaos moyen-oriental.

Musicalement, il s’agit également de trouver une voie de passage entre deux traditions (klezmer et arabisante), comme pour tâcher, à son échelle, de tracer un pont entre les deux cultures, voire les deux pays qui se déchirent le long de la Méditerranée. Sur un même titre, son violon se pare alors d’accents empruntés à ces deux sources, offrant de longs aplats qui appellent davantage à la divagation qu’ils ne tissent des mélodies identifiables. Autres techniques : superposer deux lignes de violon pour renforcer l’émotion sous-jacente (No One), ou adjoindre plusieurs pistes vocales reprenant en boucle « No One / Nowhere / Is Free / Until all of us are free » pour serrer le cœur par la simple reprise sur le caudal Until All Are Free des intitulés de quatre des six morceaux du disque.

Pour appuyer un peu plus son propos, Jessica Moss a aussi convié Tony Buck, batteur de The Necks, sur le long One, Now. Après une petite dizaine de minutes où celui-ci n’intervient que par bribes, il structure davantage son concours avec des percussions plus régulières, tapotant métronomiquement ou secouant frénétiquement maracas et autres percussions sèches. Au lointain, la voix de Radwan Ghazi Moumneh psalmodie, comme pour tenter de contrecarrer l’intervention des petits instruments qui paraissent sonner telles des rafales. Même lorsqu’elle agit en solo, la Montréalaise sait créer un climat voisin, avec des empilements de nappes et de mesures de violon, propres à générer une musique entre post-rock opaque et ambient tourmentée (No Where), dans lesquels son violon passerait presque pour une guitare (No One Is Free).

François Bousquet
le 22/12/2025

À lire également

Automatisme
Transit
(Constellation)
Joni Void
Mise En Abyme
(Constellation)
T. Gowdy
Therapy With Colour
(Constellation)
Joni Void
Everyday Is The Song
(Constellation)