(Sofa / Import)
24/10/2025
Rock

Une décennie après son dernier disque solo, changement de label pour Ivar Grydeland, qui passe de Hubro à Sofa (restant, donc, fidèle à de passionnantes structures norvégiennes), mais structure d’album identique puisque Bøyning, Brytning s’ouvre, comme Stop Freeze Wait Eat, par un long morceau (dix-sept minutes cette fois-ci contre douze il y a dix ans) avant d’aller vers des pistes moins longues. Il s’agit de poser un propos faisant figure de postulat, décliné par la suite sur le restant de l’album. Le travail sur différents types de guitares (pedal steel, portugaise ou électrique) joue alors sur la brièveté des interventions, petites touches percluses de quelques effets. En soutien, Michaela Antalová frappe ses fûts de manière étouffée, renforçant l’aspect un peu gourd d’un ensemble qui paraît s’éveiller progressivement. Bien coordonnés, les concours respectifs des deux Norvégiens se mêlent jusqu’à ce qu’on ait l’impression que le jeu sur le sélecteur de guitare corresponde à des frappes sur le cadre des toms, ou que les à-coups de batterie s’apparente à des apparitions électriques.
Quand les six-cordes se trouvent seules à opérer (sur les quatre autres morceaux du disque), Ivar Gryledand peut travailler sur les harmoniques (la fin de Virkning Av Lysets Bøyning) ou bien mettre en place une forme de rythmique, née de tapotements réguliers, conjuguée à des bribes de guitare dotées d’un delay (le très intéressant Virkning Av Lysets Brytning). Sans vraiment de surprise, on apprendra que celui qui vit sur une péninsule dans le fjord d’Oslo a souhaité s’inspirer de l’eau, de la lumière et de leurs interactions pour composer cet album qui, de ce fait, fait éprouver le sentiment de sculpter musicalement les reflets que peut faire la seconde sur la première. L’apport de l’électronique se fait, à cet égard, déterminant, favorisant les traitements sonores et le jeu sur les résonances et concordances. À l’inverse, quand la six-cordes se montre plus à nue (sur Snyt Meg Langsommere, par exemple), l’intérêt décroît et invite, donc, à se replonger dans le reste de l’album.
le 06/01/2026