Ryoji Ikeda : Ultratonics

 date du concert

05/12/2025

 salle

Philharmonie de Paris,
Paris

 tags

Philharmonie de Paris / Ryoji Ikeda

 liens

Ryoji Ikeda
Philharmonie de Paris

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En ouverture d’un week-end intégralement consacré à Ryoji Ikeda, et avant des interprétations de ses œuvres par d’autres musiciens les samedi et dimanche, ainsi que des rencontres avec le public, c’est le musicien japonais lui-même qui était invité par la Philharmonie à officier. En ce vendredi soir, dans un Studio où les gradins avaient été escamotés pour que les spectateurs (nombreux, la soirée affichait « complet ») se tiennent debouts face à la scène et son écran géant. Car, traditionnellement avec le Japonais, le spectacle se joue autant au laptop que sur écran, avec ses traditionnelles projections bichromatiques, en forme de code-barres horizontaux, ondes, flashes et effets stroboscopiques.

Comme de coutume, également, il s’agit de présenter au public son dernier album en date, dans une traduction scénique possiblement littérale, mais diablement efficace. Ce soir-ci, ce fut donc Ultratonics, livraison de fin 2022, qui fut mis à l’honneur, avec ses rythmiques globalement franches et claires, auxquelles répondaient des visuels où, dans l’ensemble, les éléments blancs correspondaient à des rythmiques et les noirs aux tapotements et glitchs. Entre electronica et minimal techno, convoquant des sons pas trop stridents mais bien saturés, des souffles et matériaux métallico-acérés, Ryoji Ikeda se montra aussi capable de convier des pulsations plus lourdes, façons hip hop martelé, comme de faire évoluer ses projections, servant des suites de zéros et de lettres telles des lignes de code clignotantes.

Autre élément dont on avait peu le souvenir, la présence de voix robotisées, sur tous les titres, paraissait relayer ces lignes de codes, avec ces chiffres égrenés ou ces simili-captations d’une transmission radio pirate. Tout de noir vêtu, casquette comprise, le musicien avait fait le choix de ne pas enchaîner ses morceaux, permettant de courts applaudissements entre chaque piste. Parvenu aux trois-quarts de son set, il fit apparaître quelques droites colorées façons ligne de faisceau laser, en relais de nappes et accords plus chromatiques eux aussi, avant de diffuser des images de planètes en fusion, éclipses et magma, manière de souligner la puissance des poussées sonores. Invité à offrir un rappel, Ikeda le fit avec un volume beaucoup plus puissant, au curseur plus poussé aussi dans l’abstraction et l’aspect noise, radicalité qui se trouva également dans la forme puisque ledit rappel ne dura… que deux minutes.

François Bousquet
le 09/12/2025

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