Beatrice Bonino : In The Main In The More

 date

du 18/11/2025 au 31/01/2026

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Beatrice Bonino / Dieter Roth / Fondation d’entreprise Ricard / Gianni Colombo

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Ce n’est finalement pas si souvent que la Fondation d’entreprise Pernod-Ricard propose une exposition personnelle à un(e) jeune artiste. Il est vrai que les différentes variations de son Prix annuel (sous son ancienne formule ou sous la nouvelle), comme les multiples monstrations collectives, permettent déjà de rendre compte de la pratique contemporaine. Avec In The Main In The More, c’est donc une Italienne d’une trentaine d’années qui bénéficie des deux salles du lieu parisien et, élément assez significatif de ce qu’on indiquait à l’instant, de la mise en regard, à côté de ses œuvres, de plusieurs créations d’autres artistes, très majoritairement décédés.

Vue de l’exposition

Aride et minimaliste, le geste de Beatrice Bonino se déploie en une vingtaine d’œuvres, disposées sur les murs ou sur des supports, et qui mettent souvent aux prises des matériaux et objets banals dont le temps ou le mode de conservation ont affecté la forme : chocolats écrasés, sac froissé, morceaux de plastique noués entre eux, fleurs artificielles en phase de décomposition, papier plissé, grand ruban de soie plié dans un long étui, etc… Régulièrement présentés sous vitrine ou encadrés, ces objets y gagnent une durabilité, comme figés dans le temps. En résonance, les œuvres des autres artistes témoignent des effets laissés sur d’autres objets et matériaux par le temps ou par une action humaine : papiers imprégnés de sel, citron ou miel de Jean-Pierre Bertrand, caoutchouc et tissu perclus de coups chez Gianni Colombo, taches sur les chemises de Dieter Roth. Il s’agit alors de montrer ce qu’il reste alors que tout semble voué à disparaître, y compris dans une sorte de préscience de ce qui adviendra (la vidéo Snow de Lutz Bacher où les tours du World Trade Center sont rendues presqu’invisibles par la neige dans ce film de 1999, prémonition du 11-septembre).

Assez logiquement, et la présence des Scarpette (ces petites chaussures tricotées en nylon) de Marisa Merz y aide, on pense vite au registre développé par l’arte povera et, même si Beatrice Bonino n’y peut pas grand-chose, cela agit comme un petit obstacle à notre réception de l’exposition, tellement ce mouvement artistique, qu’on apprécie pourtant, a été, ces dernières années, (sur)exposé (si bien qu’on avait préféré ne pas rendre compte de la grande rétrospective donnée l’an passé à la Bourse de Commerce). Plus généralement, l’ensemble, tous créateurs confondus, paraît ici manquer un peu de corps, voire de vie, avec ces natures mortes, ce choix curatorial d’espaces ouverts et nus, et ces tonalités délavées, plastique ou papier jaunis, cartons fatigués et tissus usés. Assurément, ce formalisme constitue la manifestation du propos de fond soutenu par les artistes, mais cela en fait aussi sa limite.

François Bousquet
le 16/01/2026

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