(Hallow Ground / Import)
14/11/2025
Electronique

Electroacoustique / Expérimental / Hallow Ground / Matthias Puech
Après l’utopie scientifique suivie par Jacques Hadamard, qui avait servi de point de départ à Mt. Hadamard National Park, Matthias Puech s’appuie sur une autre forme d’utopie pour La Traversée puisqu’il est parti de sa relecture de L’Odysée pour composer les quatre titres qui constituent ce nouvel album. Alors qu’il reste majoritairement dans le registre de l’électroacoustique, le Français semble, en parallèle, densifier son propos car les plages se chargent en sons saturés, grésillements et bourdonnements.
Avec son détail d’un tableau de Turner en guise de pochette, et ce bateau qui paraît sur le point de chavirer, l’écoute de l’album est clairement guidée vers le voyage d’Ulysse, déroulée en quatre morceaux intitulés en grec ancien, et dont les climats opaques et tourmentés peuvent aisément renvoyer aux soubresauts subis par le bateau du héros antique. À côté de ces vagues sombres, des crépitements et autres éléments micro-électroniques passent pour des pépiements d’oiseaux volant aux abords du navire, tandis que les tapotements pourraient figurer les crissements du bois des mâts de l’embarcation. Pour autant, sur les trois premiers titres, qui se situent entre quatre et sept minutes, le propos semble à l’étroit, manquant de place pour gagner en ampleur et offrir une de ces montées en charge progressive qui fait tout le sel de ce type de motif.
À l’inverse, Ithákê, positionné en solo sur la face B de ce vinyle, bénéficie de dix-huit minutes pour s’exprimer, et en profite pour intégrer une rythmique un peu sourde, quelques oscillations dans les nappes du synthé modulaire et même des traits façon guitare électrique. Profitant à plein de cette longueur, Matthias Puech instille des matériaux presque minimal techno, avant que tout ne s’apaise vers la fin… comme si on était de retour à Ithaque aux côtés de Pénélope.
le 15/01/2026