Biennale Nemo 2025 : Annabelle Playe / Riccardo Giovinetto

 date du concert

08/01/2026

 salle

Cité de la Musique,
Paris

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Annabelle Playe / Biennale Némo 2025 / Cité de la Musique

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Cité de la Musique
Annabelle Playe

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Alors qu’on pensait n’assister qu’à un seul concert de la Biennale Némo 2025 (celle donnée fin octobre au Cube Garges, avec Noémi Büchi), on se laissa tenter par ce « Grand soir numérique » programmé avec la manifestation francilienne. Traditionnelle date de la Philharmonie de Paris, ce rendez-vous combine présence de l’Ensemble Intercontemporain (formation symphonique spécialisée dans l’interprétation d’œuvres de notre temps) et propositions entre électronique et électroacoustique, un peu à la manière du GRM. Précisément, ce jeudi soir permit d’assister à deux prestations de pure électronique, encadrant trois autres propositions instrumentales.

Désordonnée, notre recension va tout d’abord rendre compte de ces trois-ci, avec Phoenix Eye, Dragon Eye, morceau d’une dizaine de minutes de Yang Song, interprété en direct par Yi Zhou, violoncelliste qui avait couché son instrument sur une table, pour en jouer façon lap steel, tandis que la compositrice, préenregistrée et diffusée sur l’écran géant en fond de scène, jouait identiquement d’un autre violoncelle. Assez jouissive, la superposition des sons, dans un exercice proche de la musique concrète, provint de la large palette de techniques utilisées par les deux musiciens : cordes pincées, slides, jeu sur les harmoniques, tapping, passage à l’archet pour des mesures plus enfiévrées, etc… Laissant son premier instrument, Yi Zhou s’empara, pour terminer, d’un second violoncelle pour en jouer de manière traditionnelle, prouvant qu’il était aussi à l’aise dans ce registre plus classique.

Dirigé par Yalda Zamani, l’Ensemble Intercontemporain donna, juste après l’entracte, deux pièces d’une vingtaine de minutes, composées par Clara Olivares et Augustin Braud. Au Banquet des Visages ambitionnait de mêler des voix issues de conversations WhatsApp aux interventions de musique contemporaines de l’orchestre. Pas forcément très bien intégrées, les premières ne se firent plus perceptibles qu’à la fin, dans un dialogue fécond avec le piano au jeu plus percussif. Pensé pour constituer un échange entre l’ensemble symphonique et quatre gros amplis de basse, Valets devait donc mettre en tension l’électricité issue des amplis et les partitions provenant des instruments. Pourtant, bien vite, la première fut recouverte par les secondes, pour devenir peu audible.

En ouverture de soirée, c’était donc Annabelle Playe qui monta la première sur scène, débutant par des déflagrations et poussées sonores, comme s’il fallait remuer le public assis dans les sièges de la Cité de la Musique. Entre électronique expérimentale et passages plus ambient, son interprétation d’Ars Natura se doublait de visuels d’Hugo Arcier plutôt cohérents : images de synthèse en 3D figurant feuilles, mousses, arbres décharnés ou feuillus, forêt enflammée, lucioles ou rochers. Les travellings avants donnaient l’impression de pénétrer cette forêt numérique tandis que la musique secouait l’oreille. Plus tard, d’autres sens furent mis à contribution, pour un dispositif total, avec explosions et craquements sonores, pendant que des éclairs et de la pluie apparaissaient sur l’écran, que des petits spots clignotaient au sol de la scène et que de la fumée entourait la Française.

Chargé de clore le programme, Riccardo Giovinetto était également seul derrière ses machines, pour un set entre electronica et techno minimaliste, avec glitchs, bleeps, jeu sur les fréquences et rythmiques en tapotements. Très convaincantes, ses partitions se mettaient au service de F E M I N A, pièce audiovisuelle, dans laquelle des jeux de lasers venaient créer des polygones sur l’écran, ou facetter les peintures que Botticelli consacra à la figure de Vénus. Des effets de flashes et stroboscopiques furent aussi convoqués, avant une fin arythmique, impeccable conclusion d’une prestation, qui divisa assurément le public (quelques seniors déplorèrent cette atteinte faite à la peinture classique), mais qu’on jugea très emballante.

François Bousquet
le 13/01/2026

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