(flau / Import)
12/12/2025
Rock

Acoustique / aus / flau
Un peu en marge de ses productions electronica ou réalisées au piano, aus se tourne, pour ce nouvel album, vers le koto, long instrument à cordes pincées, posé à plat et serti de chevalets destiné à changer la hauteur des notes en jouant sur la tension des cordes. Principalement utilisé en musique japonaise traditionnelle, cet instrument propose un son tout à fait caractéristique et immédiatement associé à l’Extrême-Orient (avec tout ce que cela peut aussi charrier comme effet « carte postale »). Ici joué par Eden Okuno, le koto se voit combiné avec quelques apports électroniques, proposés par Yasuhiko Fukuzono lui-même, tout au long d’un disque à l’intitulé approprié, tellement la manipulation des cordes procure un effet aquatique.
À l’image de ce qui peut être pratiqué avec une harpe, il s’agit de livrer soit des morceaux aux notes détachées, dont la résonance est laissée agir (tsuzure), soit des suites plus riches, avec superpositions de plusieurs cordes pincées en même temps (uki). Au-delà de ces deux versants, Eden Okuno sait aussi offrir des sonorités plus expérimentales depuis son instrument, avec un peu de dissonance et quelques cordes étouffées, moment bienvenu pour varier les registres (orientation). N’oubliant pas son piano, aus peut aussi en tirer des notes délicates et aériennes (variation I) ou des touches plus cotonneuses et soyeuses (strand), chargées de dialoguer avec celles émanant du koto.
De même, le Japonais intègre des éléments plus oniriques, parfaits contrepoints du koto (pépiements d’oiseaux, reflets aquatiques) sur le long soko, durée apte à servir d’intéressantes variations. Possiblement difficile d’écoute pour les réfractaires aux notes trop aigues et pour ceux qui attendraient davantage de liant et une offre moins saccadée, eau fait toutefois honneur à son intitulé (on en entend couler sur tsuzure ou soko) et permet de montrer l’intérêt d’aus pour les traditions de son pays.
le 04/02/2026