Festival Premiers Plans d’Angers 2026 - Reprise du Palmarès

 date

du 17/01/2026 au 25/01/2026

 salle

Forum des Images,
Paris

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Depuis quelques années, l’Espagne se signale de plus en plus par ses productions de fiction, au-delà des grands noms bien connus de la cinématographie ibérique. À Premiers Plans, en 2024, Carla Simón avait eu l’honneur d’une rétrospective (une année où deux longs-métrages espagnols étaient en compétition et dont l’un d’eux - Border Line - reçut le Grand Prix du jury) tandis que des cinéastes comme Rodrigo Sorogoyen ou Jonas Trueba sont régulièrement salués et que, côté télévision et plateformes, plusieurs séries ont été remarquées (Querer, Los Años Nuevos). Avec deux longs-métrages en course cette année au festival d’Angers, l’Espagne s’offrait de nouvelles bonnes chances d’être au palmarès, et reçurent les deux principaux prix (Grand Prix et Prix du public) ainsi que deux autres mentions (Prix d’interprétation féminine et Prix des activités sociales de l’énergie). Il ne restait plus que deux autres récompenses à distribuer, dans une sélection par ailleurs bien partagée entre les différentes cinématographies européennes (deux films anglais, deux italiens, un suisse, un français, un allemand et un finlandais).

Pour la journée de reprise du palmarès au Forum des Images, et compte tenu de la sortie en salles, ce même 11 février, du Grand Prix du jury (Les Dimanches), c’est l’autre film espagnol qui fut projeté. Partant d’un couple « mixte » de trentenaires (elle sourde, lui entendant) qui attend un enfant, Sorda s’attache aux questionnements attendus autour de cette situation : l’enfant va-t-elle entendre ou non ? vers quel parent va-t-elle se tourner ? l’autre va-t-il se sentir exclu ? etc… Si ces interrogations sont anticipables, le film d’Eva Libertad (qui avait, précédemment, réalisé un court-métrage sur le même sujet, étendu pour le passage au long-format) se déroule avec un intérêt certain, marqué, outre plusieurs moments cocasses ou légers, par sa grande sincérité et son authenticité. L’héroïne (saluée par le Prix d’interprétation, donc), jouée par la sœur de la cinéaste, est elle-même sourde, comme d’autres personnes qui interagissent avec elle, démontrant (coucou la famille Bélier !) qu’on peut tout à fait réussir un film populaire en mobilisant, dans les rôles principaux, des personnes véritablement atteintes par ces situations. Plus encore, la réalisation d’Eva Libertad se distingue par un procédé, dans sa dernière partie, qui assoit encore davantage sa légitimité.

Avant cette diffusion, plusieurs courts-métrages furent présentés, avec des résultats globalement moyens. On passera rapidement sur Je mordrai la poussière des étoiles, proposition animée de l’Allemande Kiana Naghshineh, lauréate du Prix du public pour les courts-métrages européens, tant cet exercice nous parut, malgré le caractère louable du propos (la jeune Shari, frappée par une maladie incurable, essaye d’échapper à la réalité en divaguant), bricolé et ressassé (éternels collages et superpositions poético-décalées). Dans un noir et blanc un peu mystérieux, Ne réveillez pas l’enfant qui dort se centre sur une Dakaroise de 15 ans qui s’endort alors qu’autour d’elle, tout le monde tente de la réveiller. Le choix du noir et blanc par Kevin Aubert, récipiendaire du Grand Prix du jury pour les courts-métrages français renforce la distance et l’aspect de fable d’un film dans lequel cette « belle au bois dormant » inquiète autant qu’elle montre une résistance.

Autre film français, Sous les ruines reçut le Prix du public parmi les films d’école, récompense juste pour ce court-métrage sensible et touchant, exposant une belle relation entre Hedi, vivant à Paris et revenant en Tunisie pour le mariage de sa cousine, et cette dernière. À mi-chemin entre adelphité et amitié amoureuse, leur lien est retracé par Nadhir Bouslama en une soirée et une nuit, chacun se situant à un carrefour de sa vie (Hedi n’était pas revenu en Tunisie depuis le décès de son père, et Salma se marie). Enfin, Skin on Skin, réalisation de l’Allemand Simon Schneckenburger et lauréat du Grand Prix du jury pour ces mêmes films d’école, nous plonge dans un abattoir de porcs où un videur et un ouvrier sans-papiers s’y aiment. Leurs situations respectives font naître des enjeux de pouvoir, de désir et d’envie, mais le parallèle se montre vite trop appuyé entre les corps qui s’entremêlent, se dévêtent, se heurtent ou se battent, let les carcasses de viande suspendues à des crochets.

Date de sortie :
 Sorda : 29 avril 2026

François Bousquet
le 12/02/2026

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