Soirée Miasmah : Olga Anna Markowska / Svarte Greiner

 date du concert

07/03/2026

 salle

Ancienne Belgique,
Bruxelles

 tags

Ancienne Belgique / Erik K Skodvin / Miasmah / Olga Anna Markowska / Svarte Greiner

 liens

Miasmah
Ancienne Belgique
Olga Anna Markowska

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Label dont on recense les sorties depuis sa première sortie physique (une très bonne compilation, publiée en 2006), Miasmah a réussi avec les années, et nonobstant un nombre peu élevé de disques (entre deux et trois par an), à développer une coloration propre. Entre ambient et expérimental, souvent sombre, avec un regard spécifique sur certains instruments comme le piano et le violoncelle, la structure basée à Berlin a, ainsi, trouvé sa place au risque de se faire un peu attendue pour certaines parutions. Après avoir déjà fêté ses dix ans à l’Ancienne Belgique, le label géré par Erik K. Skodvin se trouva à nouveau invité par le lieu bruxellois pour célébrer la décennie suivante. Un peu comme pour l’anniversaire de Sonic Pieces l’an passé, on se rendit, en l’absence de date parisienne, dans la capitale belge pour assister à cette soirée, donnée dans l’AB Salon, confortable espace d’une cinquantaine de places, situé au deuxième étage du bâtiment.

Configuré un peu comme une petite salle de théâtre (gradins frontaux très pentus, escalier unilatéral pour desservir une dizaine de rangées dotées de banquettes à petits dossiers rembourrés), ce Salon, rouvert quelques semaines auparavant, est destiné à des formes modestes et nécessitant une vraie qualité d’écoute. Pour ouvrir la soirée, et se mettre tout de suite en conditions, Kreng (artiste belge signé sur Miasmah) se positionna en arrière-scène, derrière ses platines, pour un DJ set, qu’on crut avoir identifié comme 100% Miasmah (ou, « au pire », d’artistes reliés au label), avec de l’ambient (tel un morceau du prochain album de Kreng, à paraître début mai), de la musique expérimentale ou du rock un peu stoner (à l’image du Naught de James Welburn).

Olga Anna Markowska

Premier live programmé, celui d’Olga Anna Markowska permit de découvrir sur scène celle dont l’album, sorti début 2025 (seule publication Miasmah de l’an passé) nous avait intéressés lorsqu’il sortait de son programme de « disque de violoncelle solo » pour intégrer une cithare. Sur scène, la Polonaise avait apporté ses deux instruments et alterna, pendant ses quarante minutes, jeu de l’un et de l’autre. Assise en face de sa table, perpendiculaire au public, elle débuta par sa cithare, jouée alternativement à l’archet ou avec les doigts, dont certains munis d’onglets. Une main dans les graves, l’autre dans les aigus, elle en tirait des sons lumineux, entre la boîte à musique et la berceuse, bien que l’aspect assez métallique des tonalités titillait l’oreille et invitait à rester attentif.

Liées ou piquées, en fonction du mode de jeu, les notes et couches produites étaient superposées en direct, combinées à un souffle très présent et quelques perturbations ou triturations émanant de son laptop. Avec sa blouse blanche, son pantalon noir et ses baskets claires, Olga Anna Markowska dirigeait surtout son regard vers sa cithare, n’utilisant que peu son violoncelle (lui aussi joué à l’archet ou en pizzicati) dans une perspective inversée, donc, par rapport à son album. Dans ce contexte, la dizaine de minutes donnée sur l’instrument à cordes agit, en fait, comme un intermède profond, situé au milieu d’une prestation très convaincante.

Svarte Greiner

Coiffé de son éternelle casquette plate, Erik K. Skodvin prit place sur la petite scène après une vingtaine de minutes de DJ set de Kreng. À l’instar des trois précédents concerts de Svarte Greiner auxquels on a déjà assisté, le Norvégien plaça sa guitare électrique sur ses genoux, afin d’en jouer à l’archet pour de longs traits, couplés avec un travail sur ses machines, pédales et potentiomètres. Les vagues et ondoiements qui en résultaient se trouvaient empilés, pour une montée en puissance destinée à remplir l’espace sonore. Quelques crépitations furent également livrées pour une demi-heure par si sombre, mais dense et homogène, flirtant avec la saturation par instants et clôturée par un fondu en fermeture pour lequel le musicien s’était mis accroupi pour mieux manipuler ses ustensiles. Sans grande surprise, mais sérieux dans son rendu, ce set de Svarte Greiner s’avéra un bon complément de celui d’Olga Anna Markowska, tout à fait caractéristiques, à eux deux, de l’esthétique de Miasmah.

François Bousquet
le 11/03/2026

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