(Thrill Jockey / Bigwax Distribution)
20/02/2026
Electronique

Arrivée l’an passé chez Thrill Jockey, pour un album en commun avec les frères de Brueder Selke, Midori Hirano trouve, dans le label étatsunien, l’occasion de renouer avec l’electronica de ses débuts et de délaisser l’ambient ou le néo-classique qu’elle avait exploré récemment. Un peu comme sa voisine de label, Colleen (dont un nouvel album arrive très bientôt), il s’agit, pour la Japonaise de convoquer majoritairement synthétiseurs, analogiques ou modulaires, au profit d’instrumentaux contenant peu de rythmiques mais suffisamment de lignes chromatiques et ascendantes pour livrer des titres tout à fait satisfaisants.
Le recours à ces instruments favorise la mise en place d’une belle palette sonore, avec, par exemple, des tonalités presqu’aquatiques (Blue Horizon) des sons plus saturés et distordus mais empreints d’une douce nostalgie (Oto, Kioku), ou bien des notes plus perlées (Before the Silence). Si OTONOMA (mot-valise signifiant l’espace entre les sons) ne comporte pas de véritables pulsations, les notes de synthé peuvent bénéficier d’une vibration propre, ou d’un travail sur le jeu rapide qui permet de générer une certaine cadence (Ame, Hikari).
Entre deux propositions au synthé, un piano vient s’insérer, pour un propos plus mélancolique et élégiaque, aux intentions peut-être un peu trop marquées cependant (In Colours, Rainwalk). Plus loin, ce même clavier se voit rejoint par quelques concours électroniques, nappes et grésillements qui durcissent un peu le ton (Aurora) et finissent de constituer un disque à la belle variété, un album dont on pourrait presque dire qu’on ne l’attendait plus de Midori Hirano.
le 06/05/2026